MAROC
12/02/2018 10h:04 CET | Actualisé 13/02/2018 08h:55 CET

Rif: Après plusieurs mois d'interdiction, le Maroc autorise à Nador un rassemblement qui dénonce la "répression" en Catalogne

Manifestation à Al Hoceima, en mai 2017. REUTERS/Youssef Boudlal
Youssef Boudlal / Reuters
Manifestation à Al Hoceima, en mai 2017. REUTERS/Youssef Boudlal

POLITIQUE - Un tacle à peine voilé à son voisin espagnol. Alors que les manifestations dans le Rif sont interdites depuis l'été dernier, avec notamment la marche du 20 juillet 2017, un rassemblement prévu le 19 février prochain devant le consulat d'Espagne à Nador, a été officiellement autorisé par les autorités marocaines. Objet de la manifestation? La dénonciation de la "répression" menée en Catalogne, évoque le journal El Confidencial.

Le média espagnol y voit un message clair adressé au gouvernement ibérique, citant dans son analyse des sources diplomatiques espagnoles et des représentants de la société civile marocaine. En autorisant ce rassemblement, Rabat aurait vu ainsi une réponse adéquate à un récent affront: la tenue fin janvier dernier à Séville, au Parlement d'Andalousie "d'un acte de solidarité avec la révolte dans le Rif" et qui a compté avec la présence médiatisée de Ahmed Zefzafi.

Le père de Nasser Zefzafi, leader du Hirak actuellement emprisonné à Oukacha, avait par la suite rejoint par la suite la ville de Barcelone, où il a été reçu par le Gerardo Pisarello, premier adjoint au maire de Barcelone. "Plus qu'en Andalousie, c'est en Catalogne que les rebelles rifains ont reçu un soutien, notamment de la Candidature d'unité populaire (CUP)", souligne El Confidencial, qui rappelle que cette coalition avait présenté en mai dernier, une motion de soutien à la rébellion du Rif, motion approuvée par le conseil municipal de Barcelone.

De quoi encourager Rabat, selon les observateurs, à accepter à son tour la manifestation tenue la semaine prochaine par le Mouvement populaire du Rif et qui concernera en premier lieu le pays voisin. Dans un communiqué publié ce dimanche en espagnol, poursuit la même source, le Mouvement invite ainsi à "protester contre la grave situation qui prévaut en Catalogne", invitant par ailleurs à dénoncer l'emprisonnement et la persécution politique par l'Espagne du "président légitime de la Catalogne, Carles Puigdemont", et à "respecter les décisions du peuple catalan issues des urnes". En quatrième position figure une revendications toutefois locale, puisqu'elle appelle la "libération de tous les prisonniers politiques marocains", incluant à demi-mots les détenus politiques du Hirak.

MISE À JOUR

Les autorités ont annoncé ce 12 février après-midi qu'elles n'autoriseraient finalement pas la manifestation prévue le 19 février. "Cet après-midi, ils nous ont informé de la décision sans pour autant justifier l’interdiction", confie ainsi Fadwa El Amrani, initiatrice de cette pétition, à nos confrères de Yabiladi. Soulignant le caractère pacifique de la manifestation, elle précise vouloir porter l’interdiction des autorités de Nador devant le tribunal administratif d’Oujda et obtenir ainsi des explications sur cette décision.

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