MAROC
11/02/2018 13h:27 CET

La famille d'une victime marocaine de la Grenfel Tower affirme que l'Angleterre "bloque" leur accès à un visa

Stringer . / Reuters
A floral tribute is seen near the Grenfell Tower, which was destdroyed in a fatal fire, in London, Britain July 15, 2017. REUTERS/Tolga Akmen

GRENFEL TOWER - En juin dernier, les images de l'incendie à Londres de la tour d'habitation Grenfel Tower, faisaient le tour du monde. Parmi les 71 victimes de l'incendie, les Marocains ont payé un lourd tribu avec 6 ressortissants décédés. Le quotidien britannique The Guardian rapportait alors que la tour avait été surnommée dans le quartier "Moroccan tower" (la tour marocaine), peu après son ouverture en 1974, en raison des nombreux résidents originaires du Maroc.

Parmi les victimes de l'incendie, Khadija, la soeur de Karim Khalloufi. Ce dernier, avec sa mère et son autre soeur, doivent se rendre en Angleterre pour participer à l'enquête publique autour de la tragédie, comme le rapporte The Independant.

Mais la famille affirme au journal anglais qu'ils attendent depuis le mois de décembre une réponse à leur demande de visa. Ils déclarent notamment avoir livré leurs passeports au bureau des visa, payés environ 400 Livres Sterling (soit environ 5000 DH), mais n'avoir depuis aucune nouvelles du service de visa, et que leurs passeports ne leur ont toujours pas été restitués.

Un deuil difficile

"Je ne veux pas rester à Londres car j'ai ma vie au Maroc, mais en tant que participant à l'enquête, on m'a affirmé que 'vous et votre mère devez avoir la possibilité de partir et venir à Londres car nous avons besoin de vous pour l'enquête'", a déclaré au journal Karim Khalloufi.

Alors que la prochaine audience doit avoir lieu à la fin mois, ce dernier affirme à The Independant qu'il craint que sa famille ne puisse y participer, au moment où tous espéraient que cette audience les aide dans leur deuil. "Khadija était avec nous seulement 10 jours avant l'incendie, elle et son mari, donc l'enquête peut nous aider à trouver la paix, et faire en sorte que justice soit rendue pour ma soeur. Ma mère se dit encore que Khadija est perdue quelque part", témoigne-t-il, expliquant qu'il est notamment fondamental pour sa mère de faire son deuil à travers cette nouvelle étape. La famille déplore désormais le "considérations humaines" des services du Ministère de l'Intérieur britannique.

Du côté du gouvernement britannique, la secrétaire d'État à l'Intérieur du cabinet fantôme, Diane Abbott, a affirmé à The Indepedendant avoir contacté le ministère de l'Intérieur pour remédier à la situation de la famille. "C'est exactement le genre de barrières arbitraires qui peuvent affecter la crédibilité de l'enquête", a déclaré cette dernière.

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