TUNISIE
10/02/2018 17h:59 CET | Actualisé 10/02/2018 18h:00 CET

Tunisie : Il n y aura pas de marche arrière pour les libertés, selon le ministre de l'Intérieur

Anadolu Agency via Getty Images
TUNIS, TUNISIA - JANUARY 26: Security forces intervene in protest by Tunisia's 'Fech Nestannew' (What are we waiting for?) youth movement the against high cost of living after the new budget law outside the Parliament building in Tunis, Tunisia on January 26, 2018. (Photo by Yassine Gaidi/Anadolu Agency/Getty Images)

Le ministre de l’Intérieur Lotfi Braham a affirmé, samedi, que le département est attaché à l’application de la loi dans le traitement des mouvements de protestation.

Il a relevé que l’année 2017 a enregistré plus de 13 mille 800 mouvements dont plus de 95 se sont déroulés sans intervention des forces de l’ordre. “Il n y aura pas de marche arrière pour les libertés”, a-t-il soutenu.

En réponse à une interrogation sur les actes de pillage et de vandalisme qui ont accompagné les derniers mouvements de protestation dans plusieurs régions, le ministre a précisé que le département a respecté la loi dans le traitement de ces évènements, en parfaite coordination avec le ministère public.

Il a signalé que les menaces sérieuses qui pèsent sur le pays en raison de la situation sécuritaire en Libye commandent davantage de vigilance et un niveau élevé d’alerte.

Le gouvernement ne reculera pas devant le terrorisme et combattra les terroristes dans le strict respect de la loi, a-t-il tenu à préciser. Il a appelé à dépasser les violations commises à titre individuel par certains agents sécuritaires et à recourir à la justice.

Sur la neutralité de l’institution sécuritaire, Lotfi Braham a tenu à rappeler qu’il s’agit là d’un principe constitutionnel garanti dans l’article 19 de la Constitution qui définit l’appareil sécuritaire comme étant une institution républicaine.

Cependant, a-t-il fait observer, la législation actuelle ne comporte pas des garanties pour la protection de l’institution sécuritaire des tentatives d’infiltration.

Pour y remédier, le ministre préconise, notamment, la création de structures d’inspection financière et administrative.

Abordant les nominations et promotions au sein du ministère, Lotfi Braham a affirmé que des critères objectifs sont pris en considération. La révocation d’un responsable est soumise à des critères neutres et transparents, a-t-l insisté. Pour les révocations, le concerné est, généralement, traduit devant une commission pour statuer sur l’affaire. Mais en cas de grave violation ou d’atteinte à la sécurité nationale, les dossiers sont transférés à la justice, a-t-il expliqué.

Sur un tout autre registre, le ministre a affirmé que le département détient des informations qui confirment l’implication de certains tunisiens et étrangers dans le soutien du terrorisme, ce qui nous demande, a-t-il souligné, de renforcer le contrôle d’identité dans les différents points de passage et de traiter les suspects sur la base de la loi de lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent.

Des réunions sont organisées entre les différents intervenants pour lutter contre le vol des bagages à l’aéroport Tunis-Carthage. Une hémorragie qui doit être stoppée eu égard à ses répercussions sur l’image du pays à l’intérieur et à l’extérieur, a-t-il dit.

Au sujet de la migration irrégulière, le ministre a affirmé qu’en collaboration avec les membres de l’armée, le département est parvenu en 2017 à intercepter 8838 personnes (de nationalité tunisienne et étrangère personnes) au moment où elles tentaient de quitter le pays clandestinement et à arrêter plus de 120 passeurs.

Soulevant la question des contrats de travail fictifs fournis par certaines sociétés, Lotfi Braham a indiqué qu’une enquête a été ouverte en coordination avec le parquet. Les investigations ont permis de dévoiler trois sociétés d’escroquerie et d’arrêter la gérante d’une quatrième société qui falsifiait des contrats de travail à l’étranger.

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