TUNISIE
09/02/2018 08h:51 CET

"Ils m'ont examiné comme si j'étais un animal": Le cri d'alarme des homosexuels tunisiens face à la persistance des tests anaux (VIDÉO)

RomoloTavani

Alors que la Tunisie s'est déjà engagée, en septembre dernier, à ne plus imposer de tests anaux aux hommes soupçonnés de pratiques homosexuelles - sans pour autant fixer de date relative à la mise en vigueur de cette promesse -, le média d'information français, "Brut", vient de partager une nouvelle vidéo dénonçant la persistance de cette pratique en Tunisie.

"Dans la réalité et dans les affaires qui sont en justice, ce type de test de l'anus des personnes est encore en train d'être utilisé comme moyen de preuve", affirme Mounir Baatour, président de l'association Shams pour la dépénalisation de l'homosexualité en Tunisie.

La vidéo qui compte déjà près de 35.000 vues dénonce la souffrance des homosexuels tunisiens ayant subi ce traitement grâce à plusieurs témoignages poignants. "Ils m'ont examiné comme si j'étais un animal", raconte un jeune homme en pleure. "Ils m'ont mis les menottes pour que je ne puisse plus bouger et m'ont imposé le test anal par la force", se souvient un autre homme n'ayant pas souhaité révélé son identité.

Ces examens imposés, qualifiés de "viols" par l'Association tunisienne de défense des libertés individuelles (ADLI) sont utilisés par la justice locale afin de faire office de preuves officielles de l'homosexualité masculine d'une personne considérée comme "efféminée" comme l'explique Mounir Baatour: "C'est parfois à l'occasion d'un simple contrôle d'identité, on voit que la personne est efféminée, on l'emmène au poste, on l'interroge, on l'oblige à donner le mot de passe de son téléphone, on regarde son téléphone, ses conversations. On trouve des photos de lui en train d'embrasser un mec ou des vidéos pornos gays... pour eux c'est suffisant comme preuve de son homosexualité et là ils passent au test anal pour confirmer son homosexualité et il se fait condamner".

Wahid Ferchichi, président de l'Association tunisienne de défense des libertés individuelles (ADLI) assure que l'organisation souhaite quant à elle "immédiatement mettre un terme au test de la honte".

Le média "Brut" rappelle aussi que 70 personnes ont déjà été emprisonnées en 2017 en Tunisie en raison de leur orientation sexuelle.

LIRE AUSSI

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.