TUNISIE
08/02/2018 08h:33 CET | Actualisé 08/02/2018 08h:34 CET

Pour ses avocats, la Tunisie souhaite l'extradition de Moncef Materi pour faire pression sur son fils

Michał Chodyra via Getty Images
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Moncef El Materi, père de Sakhr El Materi, gendre de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali pourrait, bientôt, être extradé vers la Tunisie, rapporte l'agence TAP citant une source du ministère de la Justice.

Arrivé en France en 2011, El Materi, 83 ans, a été interpellé le 10 juin dernier, lors d'un contrôle à la descente d'un paquebot de croisière faisant escale au port de Marseille, en vertu d'un mandat d'arrêt international émis par la Tunisie le 28 septembre 2011, après la chute de Ben Ali.

Titulaire d'une carte de séjour et d'une adresse en France, cet ancien camarade de jeunesse du président Ben Ali était recherché pour "association de malfaiteurs en vue de commettre un attentat", ainsi que pour "complicité dans le blanchiment d'argent par un groupe organisé en utilisant les facilités que lui procure ses fonctions".

Ce mercredi, la justice française s’est prononcée en faveur de son extradition vers la Tunisie et la chambre de l’instruction rendra son avis le 28 février courant.

Selon Europe 1, l'avocat général Serge Bocoviz a requis un avis favorable à l'extradition dans deux de ces cinq dossiers, demandant à la cour de relever la prescription dans deux autres affaires.

Dénonçant une procédure "bancale et lacunaire", les avocats d’El Materi, Antonin Levy et Ophélia Claude, ont demandé aux juges de refuser cette extradition et considèrent que la Tunisie instrumentalise la procédure d’extradition pour des motivations politiques, note Mosaïque Fm. "Les autorités tunisiennes savent depuis 2011 que M. El Materi est en France, mais ils se réveillent quand son fils Sakher El Materi, l'ex-gendre préféré, l'ex-époux de la fille du président déchu, est en cours d'obtention de la nationalité seychelloise. En Tunisie, on se dit qu'il faut agir sur le père pour atteindre le fils", a plaidé Me Levy.

“C'est une combine pour m'exproprier de mes biens, de ceux de mes parents, de mes grands-parents", a accusé de son côté Moncef El Materi, présent à l'audience.

Mais à ces contestations, le magistrat a écarté tout caractère politique pouvant sous-tendre cette procédure: "Quand on lit les arrêts et les jugements, je ne vois pas d'infractions politiques, on trouve la description d'infractions de droit commun, on parle de terrains qu'on achète, qu'on aménage et qu'on revend, de fausses sociétés, de blanchiment d'argent", précise Europe 1.

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