TUNISIE
07/02/2018 08h:44 CET

Liberté économique: La Tunisie est considérée comme un pays "essentiellement non libre", selon The Heritage Foundation

Le think tank américain Heritage Foundation a publié son classement 2018 sur la liberté économique dans le monde. Avec un score de 58,9/100, la Tunisie se retrouve à la 99e place du classement mondial.

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Ainsi, elle arrive à la 10e place au niveau de la région MENA juste avant l’Egypte, le Liban, l’Iran et l’Algérie, mais bien loin derrière les Émirats arabes unis, le Qatar et Israël qui forment le trio de tête.

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Au niveau du Maghreb, ce classement est dominé par le Maroc qui se classe au 86e rang mondial avec un score de 61,9/100 en amélioration de 0,4 point. Quant à l’Algérie, elle figure au bas de l’échelle (172e) en ayant un score de 44,7/100, faisant d’elle l’un des pays les moins libres économiquement. Elle figure d’ailleurs parmi les dix derniers pays en matière de liberté économique.

Sur le continent africain, l’économie tunisienne est plus libre que celle de la Namibie (103e) et du Nigeria (104e). Par contre, elle est devancée par l’Ile Maurice (21e), le Botswana (35e), le Rwanda (37e), la Côte d’Ivoire (85e) et l’Afrique du Sud (77e).

Pour la Tunisie, son score global a augmenté de 3,2 points avec “des améliorations significatives de la liberté commerciale, de la liberté d'investissement et de la santé budgétaire”, révèle The Heritage Foundation. Toutefois, le score global reste inférieur à la moyenne régionale et à la moyenne mondiale.

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Le rapport indique que pour “générer plus d'emplois pour sa population jeune, le gouvernement espère stimuler la croissance en Tunisie en faisant des réformes fiscales et monétaires, en flottant le taux de change, en réduisant le déficit budgétaire, en réduisant la bureaucratie, en réduisant les subventions et en restructurant la dette publique”. Par ailleurs, il pointe du doigt d’autres faiblesses institutionnelles dont notamment “l'instabilité politique, un régime de réglementation contraignant et des marchés du travail rigides”.

L'Index de la liberté économique montre également que le niveau de corruption demeure élevé. “Bien que le pouvoir judiciaire soit généralement indépendant, la faiblesse du gouvernement tunisien a encouragé la corruption" note-t-il.

D’autre part, The Heritage Foundation constate qu’au cours des trois dernières années, les dépenses publiques ont représenté 28,6% de la production totale (PIB). Tandis que les déficits budgétaires ont représenté en moyenne 4,4% du PIB. Quant à la dette publique, elle représente 60,6% du PIB.

Quant à l’efficacité de la réglementation, l’institution américaine précise que le pays souffre d'un manque de transparence et d'une mise en œuvre incohérente à ce niveau. Elle rappelle que le pays fait face à un taux de chômage des diplômés universitaires assez élevé, estimé à plus de 30%.

De plus, le rapport montre que “l'ouverture du gouvernement à l'investissement étranger est inférieure à la moyenne”, et ce malgré les efforts de réforme. Il estime que le secteur financier est faible, fragmenté et dominé par l'État. En plus, l'accès au crédit reste limité et les marchés de capitaux sont sous-développés.

Considérée comme une économie “essentiellement non libre”, la Tunisie obtient les scores suivants: commerce libre (82,1), liberté financière (30), dépenses gouvernementales (75,5), pression fiscale (73), liberté d'affaires (81,4), liberté d'investissement (45), liberté du travail (52,9), intégrité gouvernementale (36,8), l’efficacité judiciaire (41,7) et droits de propriété (49,4).

Dans cette 23e édition publiée en février, l'organisme compare 186 pays sur dix critères, des droits de propriété à l'entrepreneuriat. Hong Kong, Singapour et la Nouvelle-Zélande arrivent premiers sur le plan mondial. Alors qu’en bas du tableau figurent la Corée du Nord, le Venezuela et Cuba.

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