TUNISIE
06/02/2018 14h:09 CET | Actualisé 06/02/2018 14h:10 CET

"L'affaire Belaïd est parmi les raisons qui ont poussé au limogeage" de l'ancien ministre la Justice Mohamed Salah Ben Aissa affirme l'avocat Nizar Snoussi

Anadolu Agency via Getty Images
TUNIS, TUNISIA - FEBRUARY 4: Tunisians gather during the death anniversary of the Chokri Belaid as they demand from Government to unveil the mystery of his death, in Tunis, Tunisia on February 4, 2017. (Photo by Yassine Gaidi/Anadolu Agency/Getty Images)

Cinq années se sont écoulées depuis l'assassinat de Chokri Belaid, et pourtant le mystère plane toujours sur les circonstances et les commanditaires du crime.

Intervenant sur les ondes de Shems Fm, son frère Abdelmajid Belaïd a déploré une tentative de vouloir bafouer la vérité en omettant d’engager des poursuites à l’encontre de ceux dont l’implication dans l’assassinat a été confirmée.

“Il n’y a pas de volonté politique pour dévoiler la vérité” a-t-il martelé. “Pire, l’État est en train d’étouffer l’affaire” a-t-il ajouté.

Abdelmajid Belaïd a, d’ailleurs, pointé du doigt le “manque de sérieux” de l’État lors des interrogatoires de certaines personnes, qui selon lui, sont des éléments clés dans l’affaire. Il a évoqué, par ailleurs, les noms de l’ancien Chef du gouvernement Ali Laârayedh et le dirigeant d’Ennahdha Habib Ellouz qui auraient “appelé au meurtre de Belaïd”, selon ses dires.

De son côté, l’avocat Nizar Snoussi, représentant du collectif de défense de Chokri Belaid, a passé en revue les principales étapes de l’affaire Belaid. Il a décelé certaines failles dues notamment à la fragmentation du dossier et l’éparpillement des données au niveau de la justice.

Il a, également, rappelé les déclarations politiques relatives à cette affaire dont celles du mouvement Ennahdha en date de juillet 2016 dans lesquelles le parti affirme son soutien au juge d’instruction du bureau 13 qui a fait l’objet d’une plainte déposée, à deux reprises, par le parti des Patriotes démocrates unifié (PPDU), rapporte la TAP.

En effet, ce dernier a présenté à la chambre d’accusation des rapports et des documents pour l’audience prévue le 22 février courant. Ces documents pointent du doigt l’ancien ministre de l’Intérieur Ali Larayedh qui, selon la défense, a empiété sur le travail de la commission rogatoire à travers la tenue de réunions secrètes avec les détenus dont le contenu ne figure dans aucun procès verbal officiel.

D’ailleurs, selon Me Snoussi, derrière le limogeage de l’ancien ministre de la Justice, Mohamed Salah Ben Aissa, figure le dossier Belaïd. “L’affaire Belaïd est parmi les raisons qui ont poussé à son limogeage” a-t-il noté à Shems Fm.

S’agissant des derniers rebondissements, l’avocat a abordé le fait qu’un des complices des meurtriers est dans la nature. “Celui chez qui on a retrouvé les armes du crime est libre” a-t-il répliqué.

De plus, Me Snoussi a noté que le bâtonnier de l'ordre national des avocats de Tunisie ne semble pas intéressé par l’affaire. “L’année dernière, l’ordre des avocats n’a même pas commémoré l'anniversaire d’assassinat de Belaid. Heureusement, il s’est rattrapé cette année” a-t-il indiqué.

D’autre part, Me Snoussi a indiqué que le CD qui contient l’interrogatoire d’un des accusés a été volé et le PC portable du terroriste Ahmed Rouissi, impliqué dans l'assassinat des deux figures de gauche Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, n’a jamais été retrouvé.

Dans une déclaration accordée à Mosaïque Fm, Me Snoussi a, également, accusé des parties sécuritaires d’avoir facilité la fuite du chef terroriste Abou Iyadh, chef du groupe interdit Ansar Al Chariaâ.

Interrogé sur l'internationalisation de l'affaire, l’avocat a précisé que le dossier Belaïd manque certaines conditions requises pour son internationalisation juridique dont notamment la clôture de l’affaire au niveau national.

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