TUNISIE
06/02/2018 07h:44 CET | Actualisé 06/02/2018 07h:46 CET

L'Instance de lutte contre le trafic d'êtres humains dévoile le nombre et la nature des cas reçus

La traite des personnes prend de plus en plus de l'ampleur en Tunisie, un phénomène devenu inquiétant au point de créer l'Instance de lutte contre le trafic d’êtres humains, dont l'activité a débuté le 23 janvier 2018, date qui marque le 172ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage en Tunisie.

Dans une déclaration au micro de Mosaïque FM, la directrice de l'Instance, Raoudha Laâbidi, a indiqué que près de 700 cas de trafic d'êtres humains avaient été recensés en 2017, principalement dans l'exploitation économique et sexuelle, et que l'instance reçoit en moyenne 4 signalements de trafic par jour. Elle a également déclaré qu'une vingtaine de plaintes sont déjà en train d'être étudiées par la justice.

Selon la directrice, les plus touchés par ce phénomène sont les enfants qui sont principalement exploités dans des réseaux de mendicité et de travaux domestiques, mais également des femmes utilisées pour du proxénétisme. Les hommes aussi sont touchés par ce phénomène et sont exploités dans plusieurs autres domaines note Raoudha Laâbidi.

"Une personne réunit tous les enfants de sa famille, neveux et nièces, et les dispatche à plusieurs endroits. Cette personne revient en fin de journée les chercher, et les sommes collectées sont par la suite partagées par les familles" déclare-t-elle.

Elle met également en garde contre les fausses offres d'emploi à l'étranger, dont plusieurs tunisiennes et tunisiens ont été victimes. Ce genre de réseau fournirait aux malheureux intéressés un contrat fictif, leur promettant un emploi dans un pays a l'étranger. Leurs passeports sont ensuite confisqués, les obligeant à se livrer à de l'exploitation diverse et variée.

En plus de ces "bureaux d'emploi" qui se prétendent légaux afin de piéger d'éventuels chercheurs d'emploi à l'étranger, il y'a également les réseaux clandestins de passeurs qui envoient des jeunes en Europe, lesquels sont par la suite exploités dans des réseaux divers, et qui ne peuvent qu'obéir à cause de leur situation illégale.

L'instance met ainsi à disposition un numéro vert permettant de signaler tout abus ou suspicion de trafic de personnes. Il s'agit du 80104748.

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