TUNISIE
06/02/2018 07h:25 CET

"Bain de sang" sur les bourses mondiales, gros coup dur pour Trump qui vante sans cesse la santé de Wall Street

Jonathan Ernst / Reuters
U.S. President Donald Trump delivers a speech on tax reform after touring Sheffer Corporation in Blue Ash outside Cincinnati, Ohio February 5, 2018. REUTERS/Jonathan Ernst

ÉTATS-UNIS - Un vent de panique a soufflé sur Wall Street lundi, où l'indice vedette de la place new-yorkaise a drastiquement chuté après plusieurs mois d'euphorie boursière dont Donald Trump n'avait cessé de se féliciter. Mêmes plongeons des places asiatiques et européennes à leur ouverture, ce mardi 6 février.

Le Dow Jones a particulièrement dévissé en seconde partie de séance et enfoncé en moins d'une heure les seuils des 500, 1000 et 1500 points perdus. Au plus bas pendant ce "bain de sang" dont s'émeuvent les médias outre-Atlantique, il a chuté de plus de 10% depuis son dernier record le 26 janvier.

Après un petit rebond en fin de séance, l'indice a finalement terminé en baisse de 4,60%. Le Nasdaq a lui perdu 3,78% et le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises cotées aux Etats-Unis, a cédé 4,10%.

Coup dur pour Trump

La Maison Blanche s'est voulue rassurante en affirmant que Trump se préoccupait des "fondamentaux" de l'économie à long terme qui restent "exceptionnellement forts", selon sa porte-parole Sarah Sanders. La chute est pourtant un gros coup dur pour le milliardaire new-yorkais qui s'est souvent félicité dans des tweets ou des interventions publiques de la santé de Wall Street au point de donner l'impression de s'en servir comme bulletin de note, comme l'analysait le Washington Post en octobre 2017.

Le président américain en avait aussi fait l'un de ses arguments favoris pour séduire les milieux d'affaires lors du dernier forum économique de Davos en Suisse. "Si les démocrates avaient gagné l'élection -la Bourse est en hausse de près de 50% depuis ma victoire- je crois que la Bourse aurait chuté de 50%. Nous sommes maintenant dans cette direction grâce à (la suppression) des régulations qui, vous savez, vous empêchaient de tout faire", se vantait-il fin janvier lors de l'événement.

La Maison Blanche a assuré lundi matin auprès de la chaîne CNBC "être toujours inquiète quand le marché perd de la valeur". Mais un porte-parole de l'exécutif, mettant en avant "la fluctuation des marchés à court terme", avait un peu plus tard rappelé que l'économie américaine restait "très solide" et "allait dans le bon sens".

Retour de la volatilité

Signe de l'inquiétude ambiante dans les salles de marché, l'indice qui mesure la volatilité à Wall Street, le VIX, s'affichait lundi à son plus haut niveau depuis l'été 2015. "On avait perdu l'habitude de voir les indices accélérer du côté négatif", a remarqué auprès de l'AFP Art Hogan de Wunderlich Securities, un vétéran de la place new-yorkaise.

Entamée la semaine dernière, la débâcle a été déclenchée par un regain de nervosité des investisseurs face à la hausse des taux d'intérêt. L'annonce d'une augmentation importante des salaires en janvier aux Etats-Unis a en effet ravivé vendredi les craintes d'inflation et la possibilité de voir la banque centrale relever plus rapidement que prévu ses taux.

Cette évolution renchérit les emprunts aussi bien pour les entreprises que pour les investisseurs et offre aux courtiers un placement désormais un peu plus rémunérateur et moins risqué que les actions. Avec un nouveau recul lundi du prix du baril de pétrole, le secteur de l'énergie a aussi subi un choc (-4,35%). La major ExxonMobil a par exemple cédé 5,69%.

La Bourse de Paris a ouvert en forte baisse (-2,71%) mardi, gagnée par la panique venue de Wall Street. A 09H11, le CAC 40 dévissait de 143,24 points à 5142,59 points. La veille, il avait déjà fini en nette baisse de 1,48%, à son plus bas niveau de l'année. La Bourse de Londres chutait elle de 2,25% en début de séance.

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