TUNISIE
05/02/2018 05h:43 CET | Actualisé 05/02/2018 12h:41 CET

Revivez la première journée du procès de Salah Abdeslam à Bruxelles

EMMANUEL DUNAND/AFP/Getty Images
Prime suspect in the November 2015 Paris attacks Salah Abdeslam sits as he is surrounded by Belgian special police officers in the courtroom at the 'Palais de Justice' courthouse in Brussels for the opening of his trial, on February 5, 2018.The trial opens on February 5, 2018 of Paris attacks suspect Salah Abdeslam and his alleged accomplice Sofiane Ayari, over a shootout in Brussels that led to their capture. / AFP PHOTO / POOL / Emmanuel DUNAND (Photo credit should read EMMANUEL DUNAND/

JUSTICE - C'est la première fois que le suspect-clé des attentats du 13 novembre 2015 comparaît publiquement. Salah Abdeslam, seul membre encore vivant des commandos jihadistes qui ont attaqué Paris en 2015, est jugé ce lundi 5 février à Bruxelles pour une fusillade avec des policiers à la fin de sa cavale en mars 2016.

Ce procès en correctionnelle n'est qu'un préambule à celui qui aura lieu en France pour les attentats qui y ont fait 130 morts. Mais il est très attendu pour savoir si le petit délinquant devenu "ennemi public numéro un" souhaite coopérer avec la justice.

Les faits pour lesquels il sera jugé de lundi à jeudi -avec relâche mardi et mercredi- remontent au 15 mars 2016. Des enquêteurs français et belges avaient été surpris par des tirs pendant une perquisition de routine dans une des planques bruxelloises de la cellule, située rue du Dries à Forest. Trois policiers avaient été blessés et un jihadiste algérien de 35 ans, Mohamed Belkaïd, tué en leur faisant face avec une kalachnikov pour couvrir la fuite d'Abdeslam et d'un complice, Sofiane Ayari, un Tunisien de 24 ans jugé avec lui à Bruxelles.

Ils encourent jusqu'à 20 ans de prison.

Suivez en direct la première audience du procès:

  • 16h 45. L'audience est levée, fin du procès prévue jeudi

Après une très courte plaidoirie de l'avocat de l'État belge, qui réclame 142.943 euros, l'audience est levée. Elle reprendra jeudi matin avec la suite des plaidoiries des parties civiles et celles de la défense. L'avocat de Salah Abdeslam a ainsi obtenu deux jours supplémentaires pour se préparer.

Un calendrier revu, également pour éviter la mobilisation du très important dispositif de sécurité qui entoure les deux prévenus mardi et mercredi. Prévu sur quatre jours, le procès devrait donc se tenir en 48 heures.

  • 16h. Les avocats des parties civiles passent aux plaidoiries

Huit policiers participaient à la perquisition de Forest en mars 2016. Trois d'entre eux, dont une policière française, ont été blessés. L'avocate de cinq policiers, constitués partie civile, prend la parole pour débuter les plaidoiries.

Les policiers "ont énormément de respect pour les victimes des attentats, qui sont pour eux les victimes avec un grand V", a-t-elle dit, d'après une journaliste sur place.

  • 14h15. La procureure fédérale requiert 20 ans de prison

Kathleen Grosjean, procureure fédérale, prend la parole en prévenant qu'elle pourrait parler au moins deux heures. Elle détaille précisément les faits remontant au 15 mars 2016 avant de requérir 20 ans de prison, dont 13 ans de sûreté, à l'encontre de Salah Abdeslam et Sofiane Ayari.

  • 13h45. Les parties civiles prennent la parole

Le procès reprend. Me Maryse Alié, qui défend cinq policiers impliqués dans la fusillade et partie civile dans ce procès, et son collègue Tom Bauwens, lui aussi avocat des parties civiles, prennent la parole sur des points de procédure.

  • 11h45. Le procès reprendra à 13h30

L'audience est de nouveau suspendue. Elle reprendra en début d'après-midi.

  • 11h35. L'audience reprend

La cour discute du calendrier à venir. Les réquisitions et les plaidoiries des parties civiles devraient intervenir cet après-midi.

L'avocat belge de Salah Abdeslam, Sven Mary, a par ailleurs demandé à pouvoir s'entretenir avec son client au sujet de la demande de constitution de partie civile formulée par l'association V-Europe, et donc de la possibilité que la défense de l'association puisse poser des questions aux prévenus.

  • 11h10. L'audience est suspendue.

Face au refus de Salah Abdeslam de s'exprimer, la présidente du tribunal Marie-France Keutgen a suspendu l'audience et annoncé qu'elle entendrait ensuite les plaidoiries des parties civiles. D'après une journaliste de 20 Minutes sur place, le procès pourrait se terminer beaucoup plus tôt que prévu.

  • 11h. "Mon silence ne fait pas de moi un criminel": Salah Abdeslam interrogé

L'interrogatoire de Sofiane Ayari est terminé. La présidente demande maintenant à Abdeslam, qui a refusé plus tôt de décliner son identité, s'il souhaite répondre à ses questions. "Je suis fatigué, je ne souhaite répondre à aucune question", a-t-il répondu, d'après des journalistes sur place.

"Mon silence ne fait pas de moi un criminel, c'est ma défense, a-t-il dit, cité par l'AFP. C'est en mon Seigneur que je place ma confiance (...) Ce que je constate c'est que les musulmans sont jugés et traités de la pire des manières. Je n'ai pas peur de vous."

  • 10h30. "On est partis à pied"

Sofiane Ayari s'exprime sur les faits. Il confirme avoir été en compagnie de Mohamed Belkaïd, tué pendant la fusillade, et Salah Abdeslam, lorsqu'il était dans le logement de la rue de Dries. Il n'a répondu que vaguement à la présidente qui lui demandait à qui appartenaient les armes retrouvées dans l'appartement: "Elles n'appartenaient pas spécifiquement à quelqu'un".

Il a raconté avoir été "dans la cuisine", la salle du fond, "sur la tablette" avec Salah Abdeslam, lorsque les policiers ont forcé la porte de l'appartement le 15 mars 2016 peu après 14 heures. Lorsque la fusillade éclate, Mohamed Belkaïd a selon lui tiré en direction des policiers. Mais pas lui, ni Abdeslam.

Sofiane Ayari refuse de répondre à plusieurs questions concernant sa fuite -alors que le quartier était bouclé-, et sa cavale pendant trois jours aux côtés de Salah Abdeslam. "Je me suis déjà exprimé. On est partis à pied."

  • 10h15. "Je n'ai pas commis d'attentat"

S'il refuse de répondre à quelques questions, Sofiane Ayari, contrairement à Salah Abdeslam, s'exprime face à la cour. D'après des journalistes sur place, il est accompagné d'un traducteur, qui traduit ses réponses de l'arabe au français.

Il dit ne pas se souvenir de la présence d'un drapeau du groupe jihadiste État islamique dans l'appartement de la rue de Dries, à Forest. "Après deux ans, c'est normal que je ne me rappelle pas de tout", a-t-il dit. "Êtes-vous favorable à Daech?", lui a demandé la présidente. "Ca dépend de plusieurs facteurs. J'adhère à certains points, pas à tous. On ne peut pas être d'accord à 100% avec l'EI. Je suis d'accord avec eux quand ils combattent Bachar El Assad", a-t-il répondu selon le quotidien belge L'Écho.

"Et que pensez-vous des attentats? - Ca les regarde. Personnellement, je n'ai pas commis d'attentat."

  • 10h. Du côté des journalistes, la retransmission est compliquée...

Les journalistes assistant au procès font part sur Twitter de leurs difficultés à suivre le procès. Les places dans la salle principale étant limitées, nombre d'entre eux doivent suivre l'audience depuis une salle de retransmission. Mais le son y est semble-t-il particulièrement mauvais, voire absent.

  • 9h30. Sofiane Ayari témoigne

Le deuxième prévenu, un Tunisien de 24 ans, est interrogé par la présidente. Il avait été arrêté en même temps que Salah Abdeslam.

  • 9h20. L'audience reprend

Le tribunal a décidé de poursuivre le procès. D'après un journaliste de Ouest-France présent à Bruxelles, la demande de constitution de partie civile de l'association V-Europe sera examinée le 29 mars. En attendant, les débats reprennent et l'association peut y assister.

  • 9h. L'audience est suspendue

L'audience a été suspendue quelques minutes, dès l'ouverture du procès, pour examiner la recevabilité d'une demande de constitution de partie civile formulée par l'association V-Europe, qui regroupe des victimes des attentats de Bruxelles. L'association estime que "la fusillade de la rue du Dries s'inscrit dans un continuum entre le 13 novembre et le 22 mars".

Cette constitution de partie civile de dernière minute, qui menaçait le procès d'un report, n'a pas été bien accueillie par la défense des deux prévenus.

L'audience avait déjà été repoussée mi-décembre pour laisser le temps à Sven Mary, l'avocat de Salah Abdeslam tout juste rappelé à ses côtés, de prendre connaissance du dossier.

  • 8h50. Salah Abdeslam refuse de décliner son identité

L'enjeu de ce procès, qui n'est pas celui des attentats du 13-Novembre, était de savoir si Abdeslam sortirait du mutisme qu'il observe face aux enquêteurs français depuis son arrestation. Mais l'intéressé a d'emblée refusé de se lever et de décliner son identité face à la cour, comme le lui demandait la présidente à l'ouverture de l'audience.

  • 8h45. Le procès de Salah Abdeslam s'ouvre

Salah Abdedslam, barbu et vêtu d'un polo blanc à manches longues, a fait savoir par le biais de son avocat qu'il souhaitait qu'aucune image de lui ne soit prise par les médias, a indiqué la juge qui préside les débats.

À l'inverse d'un accusé aux assises, qui comparaît dans un box, le prévenu de l'audience correctionnelle est placé comme à l'habitude face au tribunal, au premier rang de la salle d'audience, tournant le dos au public.

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