ALGÉRIE
05/02/2018 11h:34 CET

Israël bombarde l'Egypte depuis deux ans avec l'accord de Sissi

Mohamed Abd El Ghany / Reuters
Egyptian army officers react during the funeral of officer Khaled al-Maghrabi, who was killed during a suicide bomb attack on an army checkpoint in Sinai, in his hometown Toukh, Al Qalyubia Governorate, north of Cairo, Egypt 8 July, 2017. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

Depuis déjà deux ans, Israël mène des raids aériens, des bombardements, par drones, hélicoptères ou avions de chasse en Egypte dans le plus grand secret mais avec l’accord total du président égyptien, le maréchal Abdelfattah Sissi, selon des révélations du New York Times.

Le journaliste qui a mené l'enquête du New York Times cite des responsables gouvernementaux britanniques et américains et décrit une campagne secrète dans le Sinaï qui a permis au régime égyptien de commencer à remporter une bataille qu’il était en passe de perdre contre les djihadistes dans la péninsule.

Plus de 100 sorties ont été effectuées par l’aviation israélienne en Egypte, dans des raids et bombardements qui ont fréquemment eu lieu plus d’une fois par semaine.

Selon le New York Times, c’est en 2015 lorsque les djihadistes du Sinaï “ont fait tomber un avion civil transportant des passagers russes que l’Egypte a demandé à Israël d’entrer en action”.

Pour les officiels américains questionnés par le New York Times, les raids israéliens dans le Sinaï ont “incontestablement permis à l’armée égyptienne de reprendre la main” contre l’insurrection islamiste.

Le New York Times affirme également que les officiels israélien et égyptien contactés ont refusé de répondre à ses questions. Les deux pays ont “cherché à dissimuler le role d’Israël dans les bombardements du Sinaï de peur d’une réaction forte en Egypte”. D’ailleurs, souligne encore le NYT, “les médias officiels et les responsables égyptiens continuent à parler d’Israël comme du pire ennemi et à proclamer leur loyauté au peuple palestinien”.

La campagne est secrète: les drones israéliens ne portent aucun signe ou écriture alors que les insignes sur les jets et hélicoptères sont recouverts. Certains suivent des trajectoires tortueuses pour faire croire qu’ils sont basés sur le sol égyptien, selon des officiels américains.

En Israël, la censure militaire interdit la publication de rapports sur ce sujet mais le sujet est parfois traité par la presse israélienne qui prend le soin de citer des “médias étrangers” pour ne pas se retrouver dans des démêlés légaux avec l’armée israélienne.

En Egypte, Abdalfattah Sissi a pris le soin de n’informer qu’un cercle très restreint de militaires et officiers du renseignement égyptien de ces bombardements, écrit le New York Times qui rappelle que le Sinaï avait été déclaré par le gouvernement égyptien “zone militaire fermée” empêchant les journalistes d’y pénétrer et collecter l’information.

Le New York Times rappelle aussi qu’en 2012 l’ascension des Frères musulmans au pouvoir en Egypte avec l’élection de Mohamed Morsi avait été accueillie avec inquiétude par Israël alors que le coup d’Etat militaire qui a propulsé Abdelfattah Sissi, une année plus tard, avait été en revanche très fortement applaudi et soutenu par l’Etat hébreu notamment auprès de son allié américain.

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