ALGÉRIE
04/02/2018 03h:28 CET | Actualisé 04/02/2018 03h:29 CET

Syrie: première messe depuis 6 ans à l'église de Deir Ezzor

AYHAM AL-MOHAMMAD via Getty Images
Syriac Orthodox Patriarch of Antioch, Ignatius Aphrem II, holds mass at the heavily damaged Syriac Orthodox church of St. Mary in Syria's eastern city of Deir Ezzor on February 3, 2018. / AFP PHOTO / Ayham al-Mohammad (Photo credit should read AYHAM AL-MOHAMMAD/AFP/Getty Images)

Une assemblée de chrétiens a participé samedi à la première messe depuis des années dans l'église ravagée de Sainte-Marie à Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie.

Tenant des cierges sous les arcs constellés d'impacts de balles, une vingtaine de fidèles ont participé à l'office, le premier depuis six ans.

Des pierres, de bouts de câble et des restes de roquettes jonchaient encore le sol de l'édifice, où le soleil entrait à flots par les ouvertures dont les vitraux ont été pulvérisés.

Deir Ezzor a été le théâtre de violents combats, d'abord lorsque les rebelles ont conquis une partie de la ville en 2012, une situation qui a encore empiré quand le groupe Etat islamiste a pris le contrôle de la région en 2014.

L'armée syrienne a repris la ville en novembre 2017.

La cérémonie de samedi, à laquelle ont aussi assisté des religieux musulmans, a été célébrée par le patriarche d'Antioche syriaque orthodoxe Ignace Ephrem II Karim.

Il a présidé la cérémonie derrière une petite table recouverte d'un tissu blanc, l'autel de l'église ayant été fortement endommagé.

"C'est une sentiment indescriptible pour nous de prier dans une église presque détruite, qui est une consolation pour nos coeurs et un message d'espoir pour les habitants de la ville afin qu'ils reviennent et participent à sa reconstruction", a-t-il dit.

On estime à environ 3.000 le nombre de chrétiens qui vivaient à Deir Ezzor avant la révolution syrienne de 2011.

Shadi Tuma, 31 ans, est resté dans sa ville natale malgré les combats. "Les temps difficiles subis par Deir Ezzor ont poussé les familles à partir, mais j'étais déterminé en mon for intérieur à rester", a-t-il confié à l'AFP.

"Il y aura toujours une coexistence à Deir Ezzor. Les chrétiens seront toujours présents", a-t-il promis.

La majeure partie de la ville est pour l'instant impraticable: immeubles détruits, électricité intermittente et absence d'eau potable.

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