TUNISIE
02/02/2018 11h:29 CET

Les artistes tunisiens appellent à la révision du projet de loi relatif aux métiers artistiques

Facebook/Tunisie.arp

Des artistes ont appelé à la nécessité de réviser le projet de loi relatif à l'artiste et aux métiers artistiques, actuellement à l'examen à l'Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Mercredi, lors d'une réunion consacrée au projet de loi relatif à l'artiste et aux métiers artistiques, à l'espace El Teatro à Tunis, plusieurs artistes ont pointé du doigt un caractère "anticonstitutionnel", précisant que le projet ne répondait pas aux attentes de l'artiste tunisien. Ils ont ainsi à adapter le projet aux principes de la Constitution tunisienne qui consacre le droit à la culture et la liberté de la création, et ceci, avant sa présentation devant l'assemblée générale.

De vives critiques ont, dans ce sens, été retenues contre le ministre des Affaires culturelles Mohamed Zine Elabidine pour l'absence d'une consultation élargie dans l'élaboration de ce projet de loi. Les artistes, ont dans ce même contexte estimé que la décision unilatérale du ministre à propos de la nomination des membres des commissions chargées de l'octroi des cartes professionnelles est un "contrôle" sur la liberté de la création d'un côté et une "dépossession" des commissions de leur indépendance d'un autre côté.

Le metteur en scène Taoufik Jebali a notamment qualifié le projet de loi de "honteux", ce dernier mélangeant les différents métiers artistiques en dépit de la spécificité de chacun. Il s'est engagé en ce sens à recourir à l'instance provisoire de contrôle de la constitutionnalité des projets de loi en cas de l'adoption du projet de loi dans sa version actuelle.

De son côté, l'acteur Atef Ben Hassine a exprimé son étonnement face à la présentation du projet de loi dans sa forme actuelle en s'interrogeant à cet effet sur les raisons de ne pas considérer dans l'élaboration du projet, le travail effectué au cours de la période de Latifa Lakhdhar à la tête du ministère des Affaires culturelles.

L'artiste Habib Belhedi s'est interrogé sur le sort de l'ancien projet de loi élaboré par l'ancienne ministre des Affaires culturelles Sonia M'Barek en août 2016 avec la collaboration de 100 créateurs représentant les différents secteurs artistiques. Il a, à cet égard, proposé l'élaboration d'un nouveau texte remplaçant le projet actuel incluant une amélioration des textes relatifs à la sécurité sociale et annulant par la même occasion les textes à caractère répressif.

Le chorégraphe Imed Jemâa a lui aussi exprimé le refus d'un projet "liberticide" limitant les forces créatifs des jeunes chorégraphes.

Le président de l'Union des Artistes Plasticiens tunisiens (Uapt), Wissem Gharsallah, a enfin exprimé à l'agence TAP lors d'une séance avec la commission des jeunes, des affaires culturelles, de l'éducation et de la recherche scientifique, son ferme refus du projet, celui-ci ne répondant pas aux attentes actuelles de la scène culturelle et artistique. Il a, par ailleurs, critiqué les textes fiscaux introduits dans le projet déclarant que les artistes sont des citoyens égaux devant la loi et sont soumis aux dispositions de la loi des finances publiée chaque année. Il s'est ainsi interrogé sur les raisons d'introduire des mesures fiscales en dehors de la loi des finances.

Plusieurs députés ont été présents lors de cette réunion, comme Hager Ben Cheikh Ahmed, Sabrine Goubantini, Bochra Belhaj Hmida, Ali Bennour, et le président de la commission des jeunes, des affaires culturelles, de l'éducation et de la recherche scientifique Tarek Barrak. Ces derniers ont tenu à dissiper les "craintes" des artistes quant à l'adoption du projet de loi relatif à l'artiste et aux métiers artistiques dans sa forme actuelle. Ils ont, ainsi souligné dans leurs interventions que le projet de loi ne sera pas adopté qu'après sa révision en vue de s'aligner aux principes de la Constitution et aux conventions internationales relatives aux droits et des libertés.

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