MAROC
02/02/2018 11h:47 CET | Actualisé 02/02/2018 12h:04 CET

Jerada: Au lendemain du drame, la ville ne décolère pas

DR/Facebook

PROTESTATIONS - La tension n'est pas près de retomber à Jerada. Après une relative accalmie, la ville connaît de nouveaux bouleversements après le décès d'un mineur hier, 1er février, suite à l'effondrement d'un puits dans la localité de Hassi Bilal.

Une grève décrétée au niveau provincial

Au moment de la publication de ces lignes, environ 1000 personnes, selon un décompte communiqué par des acteurs associatifs sur place, sont présentes devant la morgue pour empêcher que les autorités n'inhument la dépouille du "martyr". "C'est le même scénario du 22 décembre qui se répète", déclare au HuffPost Maroc Mohamed El Ouali, membre de la section locale de l'Association marocaine des droits humains (AMDH). Malgré la neige et le froid, les gens se sont rassemblés pour exprimer leur ras-le-bol face à une situation qui ne s'améliore pas, témoigne-t-il encore. Une situation relayée sur les réseaux sociaux, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous:

Une grève générale a également été décrétée aujourd'hui, au niveau de toute la province. "Pour l'instant, aucune marche, ni sit-in ne sont prévus. Il faut attendre que les commissions de quartier se réunissent pour définir le programme hebdomadaire à suivre", précise El Ouali.

La Protection civile n'a ni les moyens, ni l'expérience pour descendre dans les puits

De son côté, le ministère de l'Intérieur a choisi le ton de la menace dans un communiqué publié le jour du drame. Le département de Laftit y indique notamment qu'un groupe de personnes a "délibérément empêché" les autorités locales d'intervenir au moment de porter secours à la personne concernée, avant de rejoindre un cortège de protestation en "violation totale des lois en vigueur". Des déclarations réfutées par les acteurs associatifs sur place.

"Je ne vois pas comment des personnes peuvent entraver le travail de la Protection civile alors que celle-ci est dans l'incapacité, tant au niveau de l'expérience que du matériel, d'effectuer des sauvetages dans ces puits", objecte Mohamed El Ouali. Selon le militant, ce sont toujours les mineurs et leurs camarades qui se dévouent pour les opérations de sauvetage, car ils sont les seuls à connaître les dédales des "cendriers". "Seule une autopsie pourra déterminer si effectivement ces gens ont entravé l'opération de sauvetage", ajoute-t-il.

Il n'en demeure pas moins qu'une forte présence policière est constatée. "Le nombre des forces de l'ordre présentes est anormalement élevé avec la présence de plusieurs véhicules dont un canon à eau", poursuit le membre de l'AMDH qui craint une intervention musclée. Rappelons que le ministère de l'Intérieur avait précisé hier dans son communiqué qu'une action juridique serait prise à l'encontre des personnes "qui auront fait obstruction à l'intervention des autorités"

Le 22 décembre dernier, un accident avait coûté la vie à deux frères. Le 24 janvier, un homme d’une cinquantaine d’années était grièvement blessé dans l’effondrement partiel d’une galerie artisanale d'extraction de plomb.

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