TUNISIE
02/02/2018 14h:03 CET | Actualisé 02/02/2018 14h:15 CET

Après avoir accompagné Emmanuel Macron en Tunisie, Xavier Niel se livre: "Rapidement vous verrez un grand projet concret"

ERIC PIERMONT/AFP/Getty Images
French telecom Iliad Group founder and Vice President Xavier Niel poses prior to a press conference to present the group's 2016 results on March 7, 2017 at the group's headquarters in Paris. / AFP PHOTO / ERIC PIERMONT (Photo credit should read ERIC PIERMONT/AFP/Getty Images)

En marge de la visite d’État du président français, Emmanuel Macron, en Tunisie, le vice-président et directeur délégué à la maison mère de l'opérateur français Free, fondateur du plus grand incubateur de startups au monde "Station F" et également copropriétaire du groupe Le MondeXavier Niel a accordé au HuffPost Tunisie une interview exclusive.

Au cours de celle-ci, il est revenu sur la transformation digitale en Tunisie mais aussi sur ses projets d'avenir.

"Une simple idée peut parfois changer le quotidien de millions de personnes"

Alors que son nom est associé aux évolutions technologiques, Xavier Niel s'est récemment lancé dans le monde des startups, notamment avec Station F, le plus grand incubateur de startups au monde inauguré à Paris le 29 juin 2017.

Les startups; c'est justement vers ça que l'économie tunisienne se tourne petit à petit prenant de plus en plus de place sur la scène entrepreneuriale tunisienne: "Station F a été créée pour donner sa chance à une nouvelle génération d’entrepreneurs qui, en prenant leur destin en mains, réinventent nos sociétés. Le numérique permet à n’importe qui d’astucieux et d’audacieux d’avoir un réel impact sur nos vies" explique Xavier Niel au HuffPost Tunisie.

Rapidement vous verrez un grand projet concret...

Revenant sur le boom des startups en Tunisie, Xavier Niel affirme "se réjouir de ce dynamisme qui est bénéfique pour l’économie tunisienne": "Tant mieux si les jeunes tunisiens ont envie d’être entrepreneurs! Il faut continuer à encourager le développement de cet écosystème qui est un véritable levier de croissance et qui favorise l’emploi des jeunes" lance-t-il comme un appel.

Mais si en France, Xavier Niel a ouvert la porte à ces jeunes à travers Station F, serait-il possible de voir un jour quelque chose de similaire en Tunisie? "J'ai rencontré des entrepreneurs qui ont un projet concret, j'ai discuté avec le chef de gouvernement qui veut vraiment être moteur, et je crois que rapidement vous verrez un grand projet concret..." annonce-t-il.

En attendant, il investit dans de nombreuses startups dont plusieurs sont détenues par des Tunisiens: "Avec mon fonds d’investissement Kima Ventures, on investit dans une centaine de startups par an dans le monde entier, principalement des entrepreneurs francophones. On a la chance de rencontrer de super entrepreneurs d’origine tunisienne et même d’investir dans certaines d’entre elles" avoue-t-il.

Parmi ces startups, il y a Nextprotein qui est dirigée par un entrepreneur tunisien Mohamed Gastli et sa compagne Syrine Chaalala.

"On investit aussi auprès d’investisseurs privés d’origine tunisienne comme Cyril Grislain" ajoute Xavier Niel avant de déceler un point commun entre eux: "Le point commun qu’on a pu observer auprès de toutes ces personnalités, c’est leur volonté de participer au développement économique de la Tunisie et c’est un engagement remarquable".

"C’est formidable de voir ces jeunes qui entreprennent et qui ont envie de prendre leur destin en main. En Tunisie, de belles initiatives éclosent tous les jours comme les startups Wattnow, iFarming, et tant d’autres qui sont encore dans les cartons" dit-il promettant un avenir radieux aux startups tunisiennes.

"Je crois que plus on encouragera cet esprit entrepreneurial et cette économie digitale, plus on aura de chance de voir éclore des grandes sociétés!" affirme-t-il.

xavier niel

Bientôt une "École 42" en Tunisie?

Si l’Afrique francophone accélère sa mutation vers le numérique, "la Tunisie est l’un des pays à la pointe de ce mouvement" affirme l'homme d'affaires avant d'ajouter: "C’est l’un des pays les plus connectés du continent africain et les entreprises peuvent s’appuyer sur un vivier d’ingénieurs de qualité: plus de 10.000 sont formés chaque année aux métiers du numérique".

Mais au delà de ce vivier, il manque un léger petit quelque chose selon lui: "Il faut encore améliorer leur formation".

Pour ce faire, "des discussions sont en cours pour que l'École 42 puisse aider à la création d'un grand projet porté par un fantastique entrepreneur tunisien" révèle-t-il.

L'École 42 est un concept créé et financé par Xavier Niel en France puis aux États-Unis. Il a pour but de proposer des formations gratuites aux métiers du numérique aux 18-30 ans sans être dans l'obligation d'avoir au préalable un diplôme. Ce cursus qui dure entre 2 et 5 ans peut également permettre aux étudiants d'y réaliser un projet ou de créer leur entreprise.

C'est donc à travers le numérique selon lui que la Tunisie peut rebooster son économie: "Le numérique est l’un des axes de développement pour insuffler une nouvelle dynamique dans ce pays ultra-compétitif au niveau du bassin méditerranéen, où le niveau de qualification globale est élevé" ajoutant qu'un "véritable travail est fait ici pour encourager les investissements étrangers. Il faut continuer d’encourager ce rayonnement prometteur et le faire mieux connaître par-delà vos frontières pour inciter toujours plus d’entreprises étrangères à s’impliquer".

Comme "Free" dont il est le patron par exemple? "Chez Free, ce qu’on aime c’est animer un marché en apportant de la concurrence avec des baisses de prix et de l’innovation… au bénéfice des consommateurs! À nouveau, si un jour il y a une opportunité, on sera ravi de regarder cela de près" temporise-t-il.

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