MAROC
01/02/2018 13h:46 CET

Propos polémiques du fqih: La HACA va demander des explications à Chada FM

Chada FM/YouTube

RADIO - Suite aux propos polémiques tenus le 19 janvier par le fqih Abderrahmane Essekach sur les ondes de Chada FM, le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA) va demander des explications à la radio.

Selon une source au sein de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) interrogée par le HuffPost Maroc, l'affaire a été abordée à huis clos ce jeudi 1er février par le CSCA, instance délibérante de la HACA, lors de sa réunion hebdomadaire.

"La question était inscrite à l'ordre du jour lors de cette session normale. Il a été convenu d'adresser une demande d'explication à la radio concernée pour en savoir plus avant de prendre une décision", poursuit notre source.

Depuis deux semaines, la HACA est accusée par les internautes de ne pas prendre de mesure à l'encontre de la radio. "Beaucoup de gens se sont demandé ce que faisait la HACA, mais il y a des procédures à suivre", se défend notre source, qui n'a pas souhaité préciser si des plaintes ont été déposées auprès de l'instance chargée de veiller à l'application des règles régissant l'audiovisuel.

Le 19 janvier, lors de la diffusion de l'émission religieuse "Din wa donya" sur Chada FM, le fqih Abderrahmane Essekach avait affirmé qu'une femme pouvait avoir un cancer de l'utérus si elle avait des relations sexuelles extra-conjugales.

Il avait notamment expliqué que lorsqu'une femme a sa première relation sexuelle, le sperme de son mari inscrit un "code" dans son vagin et son utérus, qui lui interdit de recevoir le sperme venant d'un autre homme, au risque de déclencher un cancer de l'utérus ou de son col.

Il avait aussi souligné que c'est pour cela que l'islam a imposé aux veuves une période de viduité (idda) pendant 4 mois et 10 jours après la mort du mari avant que la femme ne puisse avoir de nouveau une relation sexuelle.

Des propos qui ont suscité un tollé médiatique, notamment depuis la publication sur Facebook d'une tribune écrite par la sociologue spécialiste de la sexualité, Soumaya Nouamane Guessous, dans laquelle elle s'insurge contre ce discours "absurde" et "dangereusement rétrograde".

La HACA a le droit de s'autosaisir "à chaque fois qu’un manquement aux dispositions légales et réglementaires est commis par une chaîne de télévision ou par une station de radio", peut-on lire sur le site de l'instance. Elle peut également agir après saisine d’un tiers, notamment par plainte.

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