01/02/2018 10h:34 CET | Actualisé 01/02/2018 10h:34 CET

Champs d'application de la carte d'identité biométrique

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Aujourd’hui, partout dans le monde, les titres d’identité numérique à biométrie et microprocesseur sont massivement déployés. Environ 120 pays ont déjà remplacé les cartes d’identité classiques de leurs citoyens par des cartes d’identité numériques connues sous le nom technologique "eID". Plus de 5 millions d’eID ont été délivrés en Algérie.

Selon le "Rapport mondial de l’industrie nationale de la carte d’identité électronique", édition de mars 2017, publié par Acuity Market Intelligence, plus de 3,6 milliards de cartes d’identité biométriques à puce seront émises d’ici 2021. En Algérie, le cap des 5 millions d’eID biométrique a été dépassé au début du quatrième trimestre de l’année dernière.

Placée sous le signe de la digitalisation de l’administration publique, l’opération du déploiement de la nouvelle carte d’identité algérienne permettra la numérisation de trente millions de cartes d’identités traditionnelles. C’est l’opération la plus importante de l’histoire numérique du pays. Cette carte est intelligente et pourvue de plusieurs usages aussi bien dans le monde réel que numérique. Elle fournit à ses détenteurs un moyen d'identification fiable et sécurisé, basé sur l'authentification biométrique.

Ayant le format d’une carte de paiement électronique, la carte eID biométrique englobe des circuits électroniques appartenant à la même famille que ceux utilisés dans les cartes SIM commercialisées par les opérateurs de la téléphonie mobile. La carte d’identité numérique contient un espace mémoire découpé en plusieurs secteurs dans lesquels les données peuvent être stockées afin de garantir un niveau de sécurité acceptable et élargir l’utilisation de l’eID à des applications annexes.

Pour cela, elle devrait contenir un espace mémoire consistant pour répondre aux besoins de toutes les applications et pouvoir identifier le titulaire de la carte et les certificats numériques. Un minimum de 80 Ko de mémoire est plus que nécessaire. Les informations d’identité traditionnelles (nom, prénom, date de naissance, groupe sanguin, date de péremption de la carte et le numéro d’identifiant national) sont imprimées à la surface du support en polycarbonate.

Le cœur de la carte à puce insérée est constitué d'un microprocesseur, d'une mémoire ROM utilisée principalement pour la technologie de clé publique (PKI) de la signature électronique et le cryptage, d'une mémoire RAM, d’une mémoire EEPROM destinée au stockage des applications annexes et éventuellement d’une mémoire Flash. Les données personnelles utiles à l’identification du détenteur sont donc séparées, généralement par un pare-feu, de celles liées aux applications annexes (accès aux universités, aux services administratifs et bancaires, transactions électroniques).

Applications multidimensionnelles

L’eID intervient à chaque fois que l’identification du citoyen est nécessaire. En clair, à chaque requête d’authentification enregistrée par le microprocesseur qui émane généralement d’un lecteur biométrique, la carte renvoie l’identité et toutes les informations concernant les applications annexes à un système sécurisé qui gère la base de données des identités numériques. Pour revenir aux applications annexes, elles sont caractérisées par une importance vitale pour réussir le saut numérique de l’Algérie.

L’eID peut contenir une ou plusieurs applications multidimensionnelles, selon la taille de l’espace mémoire de la carte à puce. Par exemple, cette carte peut servir de relais entre des organismes des services publics et les identités numériques des personnes. En clair, les données biométriques peuvent créer un lien entre les numéros de vérification bancaire d’un client et son identité, et ce lors d’un paiement électronique ou une opération financière quelconque nécessitant une identification de l’usager.

D’autres applications permettront également d’utiliser l’authentification biométrique pour les besoins d’authentification et de contrôle d’accès lors de la sécurisation de différents services liés, par exemple, à la téléphonie mobile, aux transports publics, à des services de santé et même aux divertissements. Ainsi, le détenteur d’une carte eID ne sera plus dans l’obligation de présenter de multiples documents au cours de l’achat d’une carte SIM chez un opérateur de la téléphonie mobile, lors de l’ouverture d’un compte bancaire, ou pour la souscription d’un abonnement de transport, ainsi que dans d’autres démarches administratives.

Mais au-delà de la "fabrication" de la carte d’identité numérique, ce sont ces usages qu’il faudra expliquer aux actuels et futurs détenteurs. Un vaste débat devra être engagé entre les différents acteurs (en particuliers institutionnels) afin de permettre aux citoyens, actuels et futurs détenteurs de la carte biométrique, de bien saisir et de comprendre les enjeux sécuritaires de l’usage de leurs identités numériques, des avantages et des responsabilités.

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