TUNISIE
31/01/2018 14h:15 CET | Actualisé 31/01/2018 14h:58 CET

Youssef Chahed: "Les élections présidentielles ne me concernent pas"

Zoubeir Souissi / Reuters
Tunisia's Prime Minister Youssef Chahed talks during an interview with Reuters in Tunis, Tunisia, September 29, 2016. REUTERS/Zoubeir Souissi

Peu avant l’arrivée du président français Emmanuel Macron à Tunis dans le cadre d'une visite officielle de 48 heures, le chef du gouvernement Youssef Chahed a enchaîné les interviews avec des médias internationaux où il a passé en revue l'état des relations entre les deux pays et évoqué les dossiers brûlants de la Tunisie. Il est revenu, d’ailleurs, sur les difficultés économiques et sociales qui secouent le pays, sept ans après la révolution.

"Les Tunisiens sont ma première préoccupation"

Interrogé sur une éventuelle participation à la présidentielle 2019 , Chahed a écarté toute intention de postuler aux prochaines élections. “Aujourd’hui, je ne réfléchis pas aux élections de 2019,” a-t-il martelé dans une interview accordée à France 24.

Absorbé par la charge du travail et l’ampleur des défis à mettre en place pour améliorer la situation du pays, Chahed semble ne pas être intéressé par les élections. Il a expliqué qu’il préfère se pencher, actuellement, vers les problèmes majeurs dont notamment ceux liés à la croissance économique du pays. Et d’ajouter que l’emploi des jeunes, le maintien du pouvoir d’achat ainsi que les taux d'endettement figurent parmi ses priorités.

Le Chef du gouvernement a, par ailleurs, souligné l’apport de Béji Caïd Essebsi pour la Tunisie. “C’est grâce à lui, qu’on a pu établir un équilibre politique,” a-t-il répliqué en le qualifiant de “personnage incontournable de la démocratie tunisienne.”

La Tunisie a réussi sa transition démocratique mais...

Selon Youssef Chahed, la Tunisie "a réussi sa transition démocratique, mais elle a eu un retard sur la transition économique". L’enjeu pour le pays est de "réussir cette transition économique pour que la démocratie tunisienne soit définitivement ancrée dans le club des démocraties modernes", a-t-il affirmé.

Qu’attend la Tunisie de la visite de Macron?

“La France est un partenaire stratégique qui a beaucoup soutenu la Tunisie", a répondu Youssef Chahed dans une autre interview accordée à LCI.

Il a évoqué, en effet, le rôle prépondérant joué par la France, pré et post-révolution en soulignant que cette dernière demeure un partenaire commercial, économique et politique important.

Ainsi, cette visite envoie un message fort d‘amitié, de soutien et de confiance en l‘avenir de “cette jeune démocratie”.

De son côté, Jérôme Bonnafont, Directeur Afrique du Nord Moyen Orient au ministère des Affaires étrangères, a affirmé que la visite de Macron se traduit par un message d’amitié et de soutien particulier de la France pour la Tunisie.

L‘idée est de fournir un effort supplémentaire dans différents domaines dont ceux relatifs à la lutte contre le terrorisme, la sécurité, la réduction des inégalités, sociales et territoriales, l‘employabilité des jeunes, de l‘appui à leur formation jusqu’à l‘appui à leurs projets professionnels ; et un investissement accru dans les secteurs d‘avenir.

Un appui culturel et éducatif sera également à l’ordre du jour, ajoute Bonnafont, et ce en vue de conforter la place de la Tunisie dans cette approche d’appui de la francophonie.

Arrivé le 31 janvier en Tunisie, Emmanuel Macron entame une première visite d'Etat de 2 jours. Un grand discours devant les députés de l’Assemblée du peuple à Tunis, sera programmé jeudi matin, pour exprimer "un message fort" de "soutien à la transition démocratique" de la Tunisie, seul pays rescapé du Printemps arabe de 2011, indique l'Élysée.

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