ALGÉRIE
31/01/2018 02h:30 CET | Actualisé 31/01/2018 02h:30 CET

Trump a signé un décret pour laisser ouverte la prison de Guantanamo

BRENDAN SMIALOWSKI via Getty Images
Activists protest the Guantanamo Bay detention camp during a rally in Lafayette Square outside the White House January 11, 2018 in Washington, DC. / AFP PHOTO / Brendan Smialowski (Photo credit should read BRENDAN SMIALOWSKI/AFP/Getty Images)

Le président américain Donald Trump a ordonné mardi le maintien de la prison de Guantanamo Bay, marquant une nette rupture avec les tentatives répétées et finalement vaines de son prédécesseur Barack Obama de fermer le site controversé.

"Aujourd'hui, je tiens une autre promesse" de campagne, a souligné le républicain lors de son premier discours sur l'état de l'Union à Washington. "Je viens juste de signer un décret ordonnant" au ministre de la Défense Jim Mattis "de réexaminer notre politique d'incarcération militaire et de maintenir ouvertes les installations carcérales de Guantanamo Bay".

"Je demande au Congrès de s'assurer que dans la lutte contre l'EI (le groupe Etat islamique, ndlr) et Al-Qaïda, nous continuons à disposer du pouvoir nécessaire pour détenir les terroristes où que nous les chassions, où que nous les trouvions, et dans de nombreux cas, pour eux, ça sera maintenant Guantanamo Bay", a-t-il ajouté, sous des applaudissements nourris.

L'armée américaine, sous la présidence de George W. Bush, avait construit rapidement ce centre de détention sur une base navale appartenant aux Etats-Unis, à la pointe est de l'île de Cuba.

Cette enclave de 117 km2 (dont seulement 49 km2 de terre ferme) avait été cédée par Cuba aux Etats-Unis en 1903, pour remercier son puissant voisin de son aide dans la guerre contre les Espagnols.

Les vingt premiers détenus y sont arrivés le 11 janvier 2002, quelques semaines après les attentats du 11 septembre 2001.

Dès cette époque cette prison a incarné, à travers le monde, les excès dans la lutte antiterroriste des Etats-Unis. Les images des prisonniers en combinaison orange, derrière des grillages surmontés de fil barbelé, ont choqué, tout comme les gavages imposés à ceux refusant de se nourrir.

Certains hommes soupçonnés d'être impliqués dans les attentats du 11 septembre 2001 attendent toujours d'être jugés dans ce pénitencier de haute sécurité.

Au plus fort de son activité, sur les braises de la "guerre contre le terrorisme" lancée par George W. Bush, 780 personnes étaient détenues à Guantanamo pour leurs liens présumés avec Al-Qaïda et les talibans.

Des centaines de détenus ont depuis été libérés ou transférés vers leur pays natal ou des pays tiers.

Il ne reste aujourd'hui que 41 détenus, qui pour la majorité ne font l'objet d'aucun chef d'accusation mais dont la libération n'est pas à l'ordre du jour, car ils sont jugés trop dangereux.

Durant sa campagne présidentielle, Donald Trump avait affiché sa volonté de garder ouverte la prison de Guantanamo et "de la remplir de mauvais gars". Il a gardé cette position une fois élu.

Certains détenus avaient pourtant été promis à être libérés de Guantanamo sous Barack Obama, qui n'a jamais réussi à trouver un compromis avec le Congrès sur la prison et n'aura donc pas tenu sa promesse de fermer le site.

La prison de Guantanamo coûte aux contribuables américains entre 400 et 450 millions de dollars par an.

"Désolée Donald Trump, vous donnez de fausses informations sur #Guantanmo. La maintenir ouverte sape la sécurité nationale américaine, ne la renforce pas. Demandez simplement à George W. Bush, Colin Powell et d'innombrables autres experts en sécurité qui sont d'accord, ont tenté de la fermer", a rapidement réagi mardi sur Twitter une responsable de l'ONG Human Rights Watch.

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