TUNISIE
31/01/2018 08h:26 CET | Actualisé 31/01/2018 12h:16 CET

"Le tiers des projets de loi adoptés par l'ARP durant ces trois dernières années sont relatifs à des prêts" affirme la députée Myriam Boujebal

“Le bloc parlementaire du mouvement Machrou' Tounes s'abstiendra de voter ce projet de loi” a martelé la députée Myriam Boujebal lors de la plénière du mardi 30 janvier, consacrée à la discussion d’un projet de loi qui porte sur l’octroi d’un crédit de 360 millions de dinars au profit de la Banque de l’Habitat.

Lors de son intervention, la députée s’est attardée sur l’ensemble des crédits accordés à l’Assemblée lors de ces dernières années. Elle a précisé que depuis 2015, l’ARP a approuvé plus de 220 projets de loi dont 71 concernent des crédits. “Autrement dit, le tiers des projets de loi adoptés par l’ARP sont relatifs à des prêts” a-t-elle indiqué.

Selon Boujebal, la valeur totale de ces crédits frôle les 28 milliards de dinars, et ce sans compter le service de la dette. Une somme faramineuse qui se traduit, par les calculs exposés par la députée, par 2500 dinars de crédits accordés à chaque Tunisien lors de ces trois ans.

Elle a expliqué que “si vraiment, ces crédits étaient arrivés à 'bon port', on n’aurait plus de chômage aujourd’hui et le pays serait devenu un modèle de propreté environnementale”. Et d’ajouter qu’avec cet argent, des centaines de pépinières d’entreprises pourront voir le jour “alors qu’en réalité nous en sommes très loin”, a-t-elle déploré.

Pour elle, l’endettement joue un rôle crucial pour le développement durable et la promotion de l’économie du pays. “Mais à condition que la cadence de la création de la richesse soit plus rapide que la cadence de l’obtention des crédits” a-t-elle souligné. Or, à ses yeux, la Tunisie est en train de vivre le contraire. Tous les indicateurs montrent que la cadence relative notamment à la productivité et à la création de la richesse est nettement en dessous de celle relative aux crédits.

La députée a tenu, par ailleurs, à remercier les pays et les institutions financières qui accordent leur soutien au pays, malgré la situation difficile de la Tunisie. Elle a appelé ainsi la commission des Finances à fournir des chiffres précis et d’exposer l’état d’avancement des projets, ce qui aurait pour effet de rétablir la confiance entre les différentes parties.

Finalement, l’Assemblée des représentants du peuple a adopté le contrat de garantie à la première demande conclu entre la Tunisie et la Banque européenne d’investissement (BEI) en date du 8 novembre 2017 et portant sur la ligne de financement accordée à la Banque de l’habitat (BH) d’un montant de 120 millions d’euros, soit l’équivalent de 357 millions de dinars pour le financement des projets des très petites entreprises (TPE), des petites et moyennes entreprises (PME) et des entreprises à taille intermédiaire (ETI).

Un crédit qui sera remboursé sur une période de 10 ans dont trois années de grâce à un taux d’intérêt fixe pour chaque tranche décaissée avec une prime d’étude de 70 mille euros.

Selon le ministre du Développement, de l’investissement et de la coopération internationale, Zied Laadhari, ce crédit est un indicateur qui témoigne le regain de confiance des bailleurs de fonds internationaux aux institutions financières tunisiennes après avoir subi, au cours des dernières années, une phase de réforme et de capitalisation.

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