MAROC
31/01/2018 14h:08 CET | Actualisé 31/01/2018 14h:11 CET

La militante pour les droits des migrants Helena Maleno entendue une nouvelle et dernière fois par un juge à Tanger

Twitter/Helena Maleno

JUSTICE - Deuxième passage devant un juge marocain pour la militante des droits des migrants Helena Maleno. La militante de l'association d'aide aux migrants Caminando Fronteras a passé plusieurs heures dans le bureau du juge à Tanger pour répondre aux questions de ce dernier sur une affaire de "traite d'êtres humains". L'affaire sur laquelle enquête la justice marocaine, à la demande de l'Espagne, avait pourtant été déjà soumise à la justice ibérique, avant d'être clôturée en avril 2017.

Un dossier "incomplet"

Selon Oxfam, les autorités espagnoles n'ont pas informé le Maroc de l'état de ce dossier. Face à cet "oubli" des autorités espagnoles, une pétition a été lancée par Oxfam, en partenariat avec les organisations sociales de l'Eglise catholique espagnole, pour exiger des autorités espagnoles "d'informer immédiatement les autorités marocaines du dossier de l'affaire contre Helena Maleno".

"Plus de 26.000 personnes ont signé la pétition et au moins 52.000 mails ont été envoyés au ministère des Affaires étrangères en Espagne pour demander une explication, car le dossier transféré aux autorités marocaines n'est pas un dossier complet. Ils ont envoyé un dossier criminel mais sans préciser qu'il avait été clôturé en Espagne", confiait aujourd'hui Helena Maleno au HuffPost Maroc, avant l'audition de ce mercredi 31 janvier, la dernière pour la militante espagnole. Le juge marocain devrait de son côté annoncer sa décision dans quelques semaines, comme l'indique Helena Maleno sur son compte Twitter.

"Je viens de sortir de la Cour après un long et difficile interrogatoire. Après avoir fourni plus d'informations et répondu aux allégations du dossier criminel, le juge met fin à l'enquête et se prononcera dans les semaines à venir".

Un épreuve difficile

La militante est depuis plus d'un mois sous le coup d'une enquête de la police espagnole qui l'accuse de trafic d’êtres humains et d'émigration clandestine, et craint que cette affaire n'entre dans une stratégie de l'Europe de "criminaliser la solidarité". "Ce n'est pas seulement moi qui suis jugée, l'Europe fait passer le message que le contrôle migratoire est plus important que la vie. Les grands perdants seront les droits de l'homme et les migrants, cela peut avoir un effet catastrophique", nous confiait-elle récemment.

L'enquête reste cependant une épreuve pour Helena Maleno qui voit son nom terni par ces accusations. "Je suis connue dans le monde pour ma lutte contre la traite des êtres humais, j'ai même écrit un livre récemment contre ce sujet, je donne des formations aux juges en Espagne pour lutter contre la traite, donc me retrouver devant un juge qui m'accuse d'être une criminelle, c'est difficile pour ma réputation, pour mon nom", déclare-t-elle.

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