MAROC
30/01/2018 11h:19 CET | Actualisé 30/01/2018 11h:20 CET

Un an après l'attentat de Québec, citoyens et élus disent "Plus jamais"

QUÉBEC – Des centaines de citoyens se sont entassés dans le froid glacial de janvier, à quelques pas de la mosquée où les vies de six hommes, dont un marocain, ont été fauchées en pleine prière un an plus tôt. Ensemble, ils ont juré que plus jamais une telle tragédie ne frapperait le Québec.

"Un an plus tard, les blessures sont toujours ouvertes, affirme Maryam Bessiri, coporte-parole de la commémoration citoyenne du 29 janvier. Ça s'est passé à Québec, personne ne s'y attendait. Ça a frappé de plein fouet la communauté musulmane."

Alors que les crimes haineux sont en hausse depuis un an, Mme Bessiri est d'avis que les manifestations de solidarité, comme celles de lundi, montrent le "vrai visage du Québec" : accueillant, positif et empli de paix.

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C'est d'ailleurs ce message qu'a voulu porter François Gariépy et Annick Wright-Larin, dont les enfants fréquentent l'École du Versant, près du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ). Ils ont assisté à la commémoration citoyenne en famille.

"Pour moi, ce qui est important, c'est que les enfants de partout dans le monde jouent ensemble. J'ai vraiment insisté là-dessus après les événements : qu'on reste unis, que tout le monde reste amis avec tout le monde et qu'on passe par-dessus ça", a fait valoir Mme Wright-Larin.

Zakia Zoukri, qui fréquente le CCIQ, s'est réjouie de voir autant de gens du quartier et d'ailleurs témoigner de leur solidarité. "Il fait froid, mais quand je vois le monde autour de moi, ça me réchauffe beaucoup, dit-elle en souriant. J'ai encore espoir que j'appartiens à un monde très gentil."

Les "nonos" de La Meute

Le premier ministre Justin Trudeau, qui a pris la parole lundi soir, n'a pas mâché ses mots à l'endroit du groupe d'extrême-droite La Meute, qu'il qualifie de "nonos qui se promènent avec des pattes de chien sur le T-shirt ".

Selon le député fédéral de Louis-Hébert, Joël Lightbound, il reste "encore du chemin à faire" pour contrer le "discours très intolérant" et "carrément islamophobe" de ces groupes.

L'islamophobie, ça nous dérange. C'est une réflexion que nous allons devoir avoir, en tant que société.

Justin Trudeau

"Il ne faut pas tolérer ce genre d'ignorance qui peut s'exprimer de la façon la plus violente, comme l'attentat à la mosquée. Il ne faut jamais que ça se reproduise", a martelé le député, qui avait demandé "pardon de ne pas en avoir fait assez" pour contrer la haine après l'attentat.

M. Trudeau, qui s'est récemment dit "en réflexion" quant à une journée sur l'islamophobie, s'est désolé de voir que l'expression en rebute certains. "Pourquoi le mot "islamophobie" nous met mal à l'aise?" a demandé le premier ministre.

"Il n'y a personne qui se plaint du mot "homophobie". On a même une journée pour commémorer, le 17 mai. Mais l'islamophobie, ça nous dérange. C'est une réflexion que nous allons devoir avoir, en tant que société."

"Ça s'améliore de jour en jour"

Des musulmanes qui portent le hijab croisées en marge de la commémoration ont confié au HuffPost Québec que le ton des politiciens et des médias avaient changé à leur égard.

Mowahib Hassan a vu une "énorme" différence en un an. Croit-elle qu'il existe de l'islamophobie au Québec? "Oui, il y en a, mais elle a diminué depuis l'an dernier et c'est ça que je trouve incroyable", se réjouit la jeune fille.

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"Ça ne s'est pas empiré, au contraire. Ça s'améliore de jour en jour", ajoute Marilène Goupil, une éducatrice qui porte elle aussi le voile.

Mme Zoukri était heureuse de voir que la communauté se mobilisait contre la haine et l'injustice. Une scène qui lui fait dire : "Je sens que je suis en sécurité ici."

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