TUNISIE
05/02/2018 03h:46 CET

"Le15", un nouveau berceau d'innovation au cœur de Tunis (INTERVIEW)

Le15

Un complexe inédit dédié à l'innovation, à la création et au développement entrepreneurial vient d'ouvrir ses portes dans la capitale. Son nom? "Le15"!

Un chiffre clé, pour cet espace précisément inauguré le 15 janvier dernier, 15 rue de Carthage au centre de Tunis, et qui fait également référence au lendemain de la chute de Zine el-Abidine Ben Ali survenue le 14 janvier 2011.

Afin d'en savoir plus sur ce nouveau lieu à forte portée symbolique, le HuffPost Tunisie a rencontré sa coordinatrice, Arij Kallel ainsi que Youssef Cherif, directeur général du Columbia Global Center - "ambassade" de la prestigieuse université américaine en Tunisie - abrité par Le15.

HuffPost Tunisie: Pouvez-vous nous présenter cet espace?

Arij Kallel: Derrière Le15 se cache un magnifique immeuble des années 1920 qui a été restauré, on a essayé de garder au maximum l’âme de ce bâtiment. Il se situe en plein cœur de Tunis, proche de la gare et de la place Barcelone.

Le15 est une initiative entrepreneuriale combinant un espace culturel, un accélérateur de startups et un fond d’investissement.

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Comment est-il articulé?

Arij Kallel: Le rez-de-chaussée constitue l’espace culturel, abritant la galerie nommée "Central", le premier étage accueillera prochainement une école de coding, le second est consacré à "Flat6lab" l’incubateur de startups (NDLR: le premier de la région MENA) et enfin, le troisième étage est partagé entre le Global Center de la Columbia University et le fond d’investissement.

Comment ce projet a-t-il été initié?

Arij Kallel: Quatre personnes sont à la tête de ce projet: Zakaria Belkhoja, Ali Mnif, Haythem Mehouachi et Alya Mahmoud qui viennent d’univers tous différents (ingénieur, secteur bancaire, conseil...), ont eu l’idée de faire vivre ce projet.

Ali Mnif est particulièrement introduit dans la société civile et dans le secteur de l’entrepreneuriat en Tunisie.

Quels sont les projets en cours ou à venir auxquels le public pourra prochainement participer?

Arij Kallel: La galerie a pour vocation de rendre l’art accessible à tous, de faire en sorte que la création soit partagée par tous. Elle tente de faire connaître des jeunes artistes tunisiens, de les faire collaborer voire même de réaliser des projets d’entrepreneuriat avec d’autres pays arabes.

En ce qui concerne la galerie, une programmation est actuellement en train de se mettre en place. En revanche, l'espace est déjà ouvert et il a déjà servi à des workshops, des formations, des hackatons (NDLR: groupe de développeurs volontaires collaborant autour de programmation informatique), des conférences ou encore des lancements d'ouvrages littéraires, etc.

Enfin en ce qui concerne le Columbia Global Center, comment ce partenariat outre atlantique en particulier a été amorcé?

Youssef Cherif: La place particulière qu'a la Tunisie dans le monde depuis 2011 a attiré l'attention d'un nombre important d'institutions académiques et autres. Pour Columbia University, cependant, les relations sont plus anciennes, et des dizaines d'étudiants tunisiens (dont de futurs ministres, ambassadeurs ou encore industriels) en sont diplômés.

En 2015, il y a eu une visite du President de l'Université avec toute une délégation; ils avaient a l'époque rencontré les principaux responsables politiques du pays ainsi que beaucoup d'acteurs économiques importants. L'accueil favorable que le coté tunisien a démontré et les progrès socio-politiques de la Tunisie ont encouragé l'université a y implanter son neuvième Global Center, qui aura un rôle régional a l'instar de ceux de Paris ou de Rio de Janeiro.

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