MAROC
29/01/2018 11h:56 CET

Casablanca: Hamri et Mesky les chiffonniers, des acteurs importants dans la collecte des déchets

Association Bahri

ECOLOGIE - "Hamri le chiffonnier", c'est ce projet écologique et respectueux de l'environnement porté par l'association Bahri, qui avait reçu le trophée Lalla Hasna en mars 2017. Le but: sensibiliser les citoyens à l'importance du tri des déchets à travers l'activité des "chiffonniers", acteurs informels mais essentiels dans la collecte des déchets. Le projet s'est développé, et désormais, Hamri n'est plus seul.

En effet, un second chiffonnier, Mesky, agrandit l'équipe: ils sont dorénavant deux à débarrasser les particuliers de Casablanca de leurs déchets à bord de leurs triporteurs. L'association Bahri a par ailleurs mis en ligne un tutoriel ludique qui détaille le but de l'activité des deux chiffonniers et comment les contacter.

Depuis quatre ans, Bahri, en collaboration avec la compagnie d'assurance Atlanta, pilote ce projet, né un peu par hasard. "La rencontre avec Hamri s'est faite de manière totalement hasardeuse. Il exerçait de manière informelle dans son quartier pour quelques sous", se souvient Nadia Jacquot, chargée de projet de l'association. "Saad Abid, président de l'association, l'a alors contacté et lui a proposé d'en faire une activité encadrée", dit-elle encore au HuffPost Maroc.

Grâce au bouche à oreille, le réseau se développe vite. Muni d'un agenda et d'un téléphone, Mostafa Hamri et Mostafa Mesky se déplacent dans Casablanca et récoltent les déchets, triés en amont par des particuliers ou des entreprises. Ils les revendent ensuite à des organismes de recyclage et récolte directement l'argent qui constituent leur salaire. "Avant, Hamri gagnait à peine 1.000 DH par mois. Aujourd'hui, lors des bons mois, il peut gagner jusqu'à 5.000 DH et surtout, vivre dignement. Il a un logement, une assurance maladie et peut payer les frais de scolarité de ses enfants", ajoute Nadia Jacquot. Mesky bénéficie également des mêmes avantages et conditions de travail.

Mais ce n'est malheureusement pas le cas de beaucoup de chiffonniers, qui souffrent d'une extrême précarité au Maroc. Ce métier, informel et non valorisé, fournit pourtant une main d'oeuvre indispensable dont l'État pourrait tirer de nombreux avantages.

"À Casablanca, le conseil de la ville achète du foncier pour agrandir les décharges. Avec ce projet, le tri et le recyclage sont faits avant que les déchets n'arrivent en décharge. La quantité de ces ordures diminue considérablement, ce qui économiserait beaucoup d'argent à la ville" , expliquait en mars dernier Saad Abid au HuffPost Maroc.

Si l'un des buts de l'association est de formaliser et de mettre en avant leur travail, il consiste aussi à sensibiliser le grand public et les entreprises à l'importance du tri des déchets et aux enjeux environnementaux qu'il présente. "La profession de chiffonnier était autrefois perçue comme honteuse. Aujourd'hui, Hamri est un acteur de la protection de l'environnement et il intervient dans des écoles, tient des conférences pour apporter ses connaissances sur le tri et son savoir-faire en matière de recyclage", se félicite la chargée de projet.

hamri

Ambitieux et respectueux de l'environnement, le projet a encore de beaux jours devant lui et devrait s'étendre à d'autres villes du royaume, même si pour l'instant, pleine priorité est donnée à la ville de Casablanca où la demande est la plus forte. Autant dire que dans la capitale économique, Hamri et Mesky sont très demandés. L'association réfléchit d'ailleurs à recruter un troisième membre pour agrandir davantage l'équipe et répondre aux nombreuses demandes.

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