MAROC
26/01/2018 06h:04 CET | Actualisé 26/01/2018 06h:42 CET

L'interrogatoire ahurissant de Jawad Bendaoud pendant son procès

Christian Hartmann / Reuters
Journalists work before the start of the trial of Jawad Bendaoud, the man accused of housing the suspected planner of the November 2015 attacks, and two other accused individuals at the courts in Paris, France, January 24, 2018. REUTERS/Christian Hartmann

JUSTICE - Après Mohamed Soumah, c'est son complice le "logeur" du 13-Novembre, Jawad Bendaoud, qui est apparu ce jeudi 25 janvier devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour être entendu.

Face à des victimes des attentats et une foule de journalistes, son interrogatoire a débuté en fin d'après-midi avec des questions sur sa jeunesse, son CV et les différents métiers qu'il a pu exercer avant ses allers-retours en prison.

Après avoir abordé sa consommation de drogues dures -et demandé à l'assistance "si quelqu'un prend de la cocaïne dans la salle"-, Jawad Bendaoud s'est défendu devant la présidente Isabelle Prévost-Desprez d'avoir été au courant des plans des personnes qu'il logeait.

"Je n'avais pas saisi que j'allais me retrouver dans une affaire de terroristes avec 130 morts et des centaines de blessés. À aucun moment je ne me suis dit que les gens que m'a ramenés Mohamed Soumah sont des terroristes", a-t-il assuré.

Ce dernier a reconnu avoir été "con" car il y avait des signes qui auraient dû lui mettre la puce à l'oreille, comme quand "Abaaoud lui a demandé de quel côté on faisait la prière". Pourquoi héberger des gens qu'il ne connaît pas? "Je fais ça depuis longtemps, c'est mon activité", a-t-il répondu en expliquant "recruter par bouche-à-oreille, bouche-à-bouche".

"On m'a vendu un bœuf bourguignon, j'ai fini avec un couscous. Personne ne m'a mis au courant. Sur la tête de mon fils, je ne savais pas que c'était des terroristes", a continué Jawad Bendaoud.

Le logeur a, semble-t-il, aussi longuement parlé à Isabelle Prévost-Desprez d'un sandwich à base de dinde et Boursin qu'il avait mangé ce soir-là. Avant d'avancer que si son ADN avait été retrouvé sur une ceinture d'explosif c'est car "dans l'appartement j'ai touché à tout. Le scotch il devait être dans l'appartement et j'ai dû le manipuler".

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