MAROC
25/01/2018 09h:56 CET

Femmes adouls: une association qualifie les propos du prédicateur El Kettani de "terroristes"

Hassan El Kettani/Facebook

DÉBAT - Son point de vue ne fait pas l’unanimité. Sur sa page officielle sur Facebook, le prédicateur Hassan El Kettani estime qu’une femme ne peut exercer la profession de adoul. Pour lui, une femme ne peut certifier un mariage qui "est, dans ce cas, invalide". Et de prévenir qu’un "problème plus grave se pose: le divorce prononcé par une femme juge est invalide".

La mission d’une femme, pour ce prédicateur, ne devrait pas être liée à "l’acte même de notifier ou certifier" le contrat de mariage, mais plutôt aux préparatifs qui l’accompagnent. À titre d’exemple, il cite notamment "une simple collecte de documents et la satisfaction des parties et ainsi de suite. Cela n'a aucun effet sur le contrat", écrit-il, estimant ainsi que le travail de la femme devra se limiter à cela. Des propos qui interviennent après la décision royale d'ouvrir aux femmes la profession d'adoul.

Le Front national de lutte contre l'extrémisme et le terrorisme (FNLET) n’a pas tardé à dénoncer les propos du prédicateur, ainsi que ses déclarations dans certains sites électroniques, où il s’est moqué estimant de façon ironique qu'il ne manque plus qu'une chose: que "la femme assure le prêche du vendredi".

Dans un communiqué de presse, le FNLET n’a pas hésité à qualifier ces propos de "terroristes", émanant d’un "prédicateur extrémiste". Et d’appeler "les consciences nationales" à se mobiliser contre "la tentative des prédicateurs de l’extrémisme et du terrorisme de monopoliser le discours au nom de la religion comme s’il s’agissait d’une entreprise privée commerciale". L’association tient aussi à exprimer son "soutien total à la décision royale historique qui consacre l’égalité et lève la discrimination à l’encontre de la femme".

Ce n'est pas la première fois que le prédicateur Hassan El Kettani fait parler de lui. Il est même qualifié "d'agitateur" à chaque prise de position ou déclaration qu'il fait avec la même virulence. Il avait été poursuivi dans le cadre de la loi antiterroriste, dans l'affaire des attentats de Casablanca survenus le 16 mai 2003. Il avait été condamné à 20 ans de prison ferme pour constitution de bande criminelle à visées terroristes et grave atteinte à la sécurité, avant d'être gracié en février 2012.

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