ALGÉRIE
25/01/2018 10h:02 CET

Complotite israélienne: Une enquête pour savoir si Ahed Tamimi et sa famille étaient des "acteurs à la peau blanche"

Anadolu Agency via Getty Images
RAMALLAH, WEST BANK - JANUARY 15: 16-year-old Palestinian activist Ahed al-Tamimi, well known for her bold activism for a free Palestine, stands for a hearing at Ofer military court in Ramallah, West Bank on January 15, 2018. (Photo by Issam Rimawi/Anadolu Agency/Getty Images)

La famille d'Ahed Tamimi serait "non authentique" et aurait été "spécialement fabriquée de toute pièce à des fins de propagande" palestinienne. Ce n'est pas un blog conspirationniste qui l'affirme, mais une enquête secrète d'un sous-comité du parlement israélien sur l'existence "réelle" des Tamimis, a révélé jeudi 25 janvier le quotidien Haaretz.

Les coins obscurs d'internet n'ont donc pas le monopole des théories du complot les plus folles. La célèbre Ahed Tamimi, 16 ans, a été emprisonnée par les autorités israéliennes en décembre après avoir giflé un soldat. Originaires du village Nebi Saleh en Cisjordanie, les Tamimis ont déjà eu de nombreuses confrontations avec l'armée de l'occupation ces dernières années.

Devenue une figure de la résistance palestinienne, l'adolescente aux cheveux blonds et bouclés n'a visiblement pas le bon "look" d'Arabe aux yeux de Michael Oren, le vice-ministre israélien qui a présidé le sous-comité de la Knesset et chapeauté l'investigation.

ahed tamimi

Un graffiti à l'honneur d'Ahed Tamimi à Gaza, le 18 janvier 2018.

L'enquête, classée secrète et menée il y a deux ans, a voulu vérifier si Ahed Tamimi et ses proches n'étaient pas des "acteurs" à la peau blanche issus de "Pallywood", un terme mêlant "Palestine" et "Hollywood" utilisé par les Israéliens pour discréditer les souffrances des Palestiniens sous l'occupation, en les qualifiant de mises en scène.

Frôlant la parodie, Michael Oren a indiqué au journal que le comité s'est penché sur la question de savoir si les "membres de la famille étaient choisis sur la base de leur apparence" de blonds à la peau blanche et aux yeux bleus. "Leurs habits aussi. De vrais costumes. Très américains pas palestiniens, avec des casquettes à l'envers. Même les Européens ne portent pas des casquettes à l'envers. Tout était prêt: après une provocation ou une bagarre, les posters sortent", a-t-il lancé. "Tout était préparé. C'est ce qu'on appelle Pallywood".

Selon le journal israélien, le sous-comité a entendu des témoignages du Shin Bet, d'un organisme israélien appelé le "Conseil de sécurité nationale" ainsi que des organisations non-gouvernementales. Un des points discutés a été "l'authenticité de la famille et s'il s'agit vraiment d'une vraie famille".

Après des débats sérieux et de la recherche aux moyens considérables, l'enquête a conclu que les Tamimis sont une "vraie famille" mais elle a "annexé" d'autres enfants au "bon profil recherché". Pour illustrer cette mystérieuse "annexion", le vice-ministre a parlé d'un enfant qui "appartenait ostensiblement" à la famille mais qui a "disparu": "Il venait aux manifestations un jour avec un plâtre à la main droite et le jour suivant, avec un plâtre à la main gauche ou sans plâtre"

Cependant, a-t-il ajouté, "il n'y a pas eu de conclusion sans équivoque sur la question".

Si la théorie du complot pour discréditer la résistance palestinienne fait sourire, d'autres méthodes sont utilisées pour faire taire la contestation. Le ministre de la Défense israélien Avigdor Lieberman a ordonné mardi 23 janvier la radio de l'armée de censurer le poète et chanteur israélien Yehonatan Geffen et a appelé toutes les radios à faire pareil.

L'artiste avait comparé, dans une publication sur Instagram, Ahed Tamimi aux héroines juives Anne Frank et Hannah Sennesh.


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