TUNISIE
25/01/2018 06h:28 CET

80% des projets lancés par les jeunes ne survivent pas plus de deux ans selon le CJD

elenaleonova via Getty Images
Mature Adult man working in the office

Au bout de deux ans, 80% des jeunes entrepreneurs tunisiens déposent le bilan et cessent leur activité. C’est ce qu’a annoncé la présidente du Centre des jeunes dirigeants (CJD), Wafa Laamiri, dans une déclaration accordée mercredi à Mosaïque Fm.

Un constat accablant qui met en relief les difficultés et les problèmes rencontrés par ces jeunes après le lancement de leurs projets. “La difficulté majeure ne réside pas dans la phase du création du projet, mais plutôt au niveau de la période de post-création” a-t-elle précisé.

Pour Laamiri, les jeunes investisseurs “ne sont pas suffisamment encadrés pour résister aux difficultés économiques et administratives qu’ils rencontrent”. Accompagner ces jeunes, les orienter et les encadrer durant les premières années de démarrage constitue une étape décisive pour le succès du projet.

La présidente du CJD a souligné, ainsi, la nécessité d'accorder plus d’importance à la phase d’accompagnement des jeunes entrepreneurs afin de les pousser à développer leurs affaires et résister à cette épreuve.

De plus, près de 23% des entreprises ferment après seulement trois années d’activité, rapporte la TAP.

En effet, seulement 5% des jeunes tunisiens sont des chefs d’entreprise, a révélé, mercredi, l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES), lors d’un atelier de travail tenu à Carthage.

Selon le directeur du département jeunesse à l’Institut, Rami Mahfoudh, la plupart des jeunes ne font leurs recherches d’emploi que dans le secteur de la fonction publique et n’osent pas encore se lancer dans leurs propres projets.

La plupart des études s’accordent pour dire que les jeunes éprouvent encore une certaine désaffection envers l’initiative privée, ajoute-t-il.

Rami Mahfoudh a fait savoir que son institut entamera, prochainement, la réalisation d’une étude sur les jeunes et l’initiative privée dont l’objectif est de déterminer les difficultés que rencontrent les jeunes entrepreneurs et de proposer les mécanismes nécessaires à même de les encourager.

Avec un taux de chômage dépassant les 15%, la Tunisie tente à travers la mise en place de nouveaux mécanismes et programmes dont notamment encourager les initiatives personnelles pour absorber ce taux élevé.

D’après le ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle Faouzi Ben Abderrahman, le gouvernement œuvre à créer un nouveau secteur, baptisé le secteur de l’économie sociale et solidaire, autre que ceux public et privé. Une alternative qui s’étend à tous les domaines avec un intérêt soutenu au secteur de l’agriculture, afin d’instaurer un développement équitable et juste entre les régions et à impulser la croissance.

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