25/01/2018 11h:28 CET | Actualisé 25/01/2018 11h:28 CET

A la cité El Ryad d'Oran, il n'y a pas l'ombre d'une antenne parabolique

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Le quartier El Ryad, situé à l’est de la ville d’Oran, préfigure de la cité moderne de demain. Pas encore une véritable smart city, cet ensemble immobilier de 2000 logements, à l’aspect architectural original et contemporain, s’y rapproche. Visite guidée.

Le projet immobilier El Ryad du Groupe des Sociétés Hasnaoui (GSH) a décroché en 2016, le prix national "Energie-Climats tempérés", dans le cadre du concours international "Green Building Solutions Awards 2016", organisé par le réseau Construction 21. Mais ce n’est pas que cette distinction qui le rend si unique en Algérie. Sa particularité est d’avoir des façades exemptes d’antennes paraboliques, cette pollution visuelle qui amoche nos villes, et que les pouvoirs publics ont à maintes fois exprimé leur volonté d’éradiquer, sans parvenir à proposer une solution durable.

La solution est pourtant à portée de main. Le Groupe des Sociétés Hasnaoui en donne l’exemple. Avoir des façades d’immeuble esthétiquement sans aspérités, sans câbles ni paraboles, est possible grâce à la télévision par câble. Hasnaoui Télécom Algérie (HTA, filiale de GSH) a déployé, il y a trois ans, son IPTV dans le "périmètre privé" de cette cité de 450.000 m2. Avec l’ambition de pouvoir le réaliser sur l’ensemble du territoire national, lorsque les conditions règlementaires le permettront.

Donner l’exemple

"La pollution visuelle induite par les antennes parabolique est une problématique prise très au sérieux au sein du Groupe. Il fallait donner l’exemple", explique Omar Hasnaoui, Directeur Général de GSH et PDG de Hasnaoui Télécom Algérie (HTA). Il fallait également proposer une solution adaptée à l’environnement algérien.

"Nous sommes allés chercher une solution qui ratisse large en termes de programmes TV, mais qui ne dépend pas de la connexion Internet. L’IPTV de HTA est une solution locale, installée en Algérie", insiste M. Hasnaoui, qui nous fait visiter la salle des datacenters installée dans un local à la cité El Ryad, lors d’un voyage de presse organisé le weekend dernier à Oran. Les datacenters représentent une part non négligeable des 5 millions d’euros investis par l’entreprise dans l’IPTV et le Triple play.

Les 2000 logements sont tous reliés à ce cœur du système qui peut alimenter jusqu’à 2 millions d’abonnés avec "une image en haute définition, en continu, même lorsque le câble de fibre optique sous-marin est rompu comme cela a été le cas il y a quelques années". "C’est justement l’avantage d’une solution IPTV installée localement, elle ne dépend pas de la connexion Internet, ni de la bande passante internationale", explique-t-il encore.

Pour accéder à l’IPTV, il suffit d’un petit boitier, faisant office de démo-décodeur, qui affiche pas mois de 180 chaines TV dont plus de 50 diffusant en HD. Outre les chaines algériennes (publiques et privées), l’IPTV rassemble les chaines les plus convoitées par le public algérien. Le choix de ces chaines a été effectué après avoir réalisé un sondage et exploité les statistiques des serveurs sharing pour fixer les préférences des Algériens.

On y trouve les BeIn Sport (Français, Arabe, Anglais), les chaines arabes (MBC), les chaines France Télévision, le bouquet Canal + et bien d’autres bouquets. Le prix de l’abonnement est de 1500 DA/mois. Un prix qui parait un peu cher à première vue, reconnait M. Hasnaoui, mais c’est le tarif à payer pour éviter les tracas avec le "flashage" habituels des démodulateurs et des coupures Internet. Mais pas que. L’offre IPTV est aussi une manière de "formaliser" le marché des "démodulateurs pirates", que le patron de HTA estime à 10 milliards de DA par an, et qui pourrait générer à l’Etat des ressources fiscales de l’ordre de 2 milliards de DA par an.

L’IPTV sans Internet

Omar Hasnaoui n’exclut pas de revoir à la baisse le prix de l’abonnement avec l’ouverture promise du marché des TIC en Algérie. Ou tout au moins si Algérie Télécom "daignera répondre à l’offre de partenariat" introduite par HTA. Greffer l’offre IPTV sur le réseau Internet d’Algérie Télécom permet de généraliser immédiatement cette solution à tout le territoire national compte tenu de la densité du maillage réseau de l’opérateur historique. "Notre offre est une valeur ajoutée au réseau d’Algérie Télécom où nous n’allons utiliser que le réseau sans la connexion Internet. L’opérateur a la possibilité technique d’offrir le même service, mais son statut d’EPIC l’en empêche. Nous l’avons sollicité, en vain", regrette Omar Hasnaoui.

La seule solution restant à HTA pour généraliser son service IPTV est d’attendre l’adoption du projet de loi sur les télécommunications électroniques actuellement au niveau de l’Assemblée populaire nationale. Ce projet de loi prévoit de donner à d’autres opérateurs, à travers le dégroupage, l’accès à la boucle locale d’Algérie Télécom. La disposition existait aussi dans le projet de loi porté par l’ancien ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication (MPTIC), Moussa Benhamadi. C’est ce qui" nous avait incité à investir dans ce domaine, par les promesses d’ouverture du marché qu’apportait le projet de loi qui a été finalement retiré du bureau de l’APN peu de temps après la nomination de Mme Fatma-Zohra Derdouri à la tête du MPTIC ", rappelle Omar Hasnaoui.

Sans l’ouverture de la boucle locale et en attendant que l’opérateur historique revienne à "de meilleures dispositions", des cités comme El Ryad, aux façades dépourvues d’antennes paraboliques, on n’en verra pas de sitôt.

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