TUNISIE
23/01/2018 12h:47 CET | Actualisé 23/01/2018 12h:47 CET

L'ambassadeur de l'Union Européenne en Tunisie revient sur le retrait de la Tunisie de liste noire des paradis fiscaux et fixe ses nouveaux objectifs

Facebook / Patrice Bergamini

"Engagement pris, engagement tenu, la Tunisie sort aujourd’hui, de la liste noire des paradis fiscaux", c’est ainsi que l'ambassadeur de l'Union Européenne, à Tunis, Patrice Bergamini, a commenté la décision du Conseil des Affaires économiques et financières de l'Union européenne, réuni mardi, à Bruxelles, de retirer la Tunisie et 7 autres pays de la liste noire des juridictions fiscales "non coopératives" de l’UE, pour les placer dans une catégorie distincte de juridictions soumises à un suivi étroit (liste grise).

Et de rappeler "je m’étais engagé le premier, 24 heures après la décision prise début décembre par les ministres des Finances européens, à ce que nous sortions de cette situation de crise. Quelques semaines plus tard, la Tunisie n’est plus sur cette liste".

Et de poursuivre, dans une déclaration aux médias, au siège de la délégation de l'UE à Tunis, "les engagements du gouvernement tunisien sont là pour plus d’efficacité fiscale, une meilleure efficience économique au profit de la croissance et de la redistribution des richesses. C’était ça l’enjeu derrière la première décision du conseil européen"..... "Aujourd'hui, on est déjà de facto dans l'objectif de faire sortir la Tunisie de la liste grise", a-t-il conclu.

Pour l’ambassadeur européen, "la décision d’aujourd’hui signifie très simplement que nous allons continuer à travailler ensemble avec un objectif prioritaire, celui de soutenir la croissance et l’emploi, c'est-à-dire que tous les outils, y compris l’outil fiscal, doivent être au service de la mise en œuvre de cet objectif".

"Dans une démocratie, le rôle de l’impôt est fondamental et aujourd’hui, il s’agit de lutter contre l’évasion fiscale. Autrement dit toutes les politiques de soutien à une meilleure redistribution, à davantage de croissance, à l’attractivité des investissements, doivent être orientées vers la création de la richesse, de l’emploi et vers la lutte contre l’évasion fiscale. Il faut aussi s’assurer à ce qu’il n’ait pas de politiques d’évasion fiscale ou de pratiques d’évasion fiscale", a-il-précisé.

Toujours selon lui, "il ne s’agit pas de passer d’une liste noire à une liste grise, ou de rester dans le gris mais de favoriser la concrétisation des engagements visant à utiliser l’outil fiscal pour une meilleure redistribution de richesses, pour plus de croissance et d’emploi".

Bergamini a , en outre, considéré, que "l’année 2018 est une année cruciale, il faut veiller à ce que tous les outils soient en ordre de marche pour soutenir les objectifs affichés".

Interrogé sur le temps qu’aura la Tunisie pour honorer ses engagements, il a souligné que "la question n’est pas dans le timing, les engagements sont là, maintenant il faut les mettre en œuvre et travailler sur une bonne politique économique qui devra favoriser les objectifs fixés. Cela se fait au quotidien à travers la mise en œuvre de la loi de Finances 2018 et via les décisions prises concernant l’agenda des réformes. Ce travail va se poursuivre durant les mois et les années à venir".

S’agissant du suivi de ce dossier, Bergamini a fait savoir "qu’il va y avoir la désignation du côté tunisien d’un nouveau point de contact au niveau du ministères des Finances. Il y aura par la suite des réunions régulières, des échanges de documents, de l’assistance, des visites d’officiels tunisiens à Bruxelles. Le commissaire européen aux affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, visitera également la Tunisie dans les mois à venir. C’est un travail qui va se faire au quotidien avec nos partenaires tunisiens".

Discussions entre Tunis et Bruxelles sur l'export de l'huile d'olive

Après une rencontre avec le ministre de l'Agriculture Samir Taieb et le secrétaire d'État au Commerce extérieur Hichem Ben Ahmed, Patrice Bergamini a affirmé avoir discuté avec eux afin de "trouver les bonnes formules pour soutenir le secteur de l'huile d'olive" tunisienne.

"Le secteur de l'huile d'olive aujourd'hui en Tunisie est un secteur stratégique. Là nous travaillons ensemble. Mon objectif dans les prochaines semaines c'est de veiller à ce que les bonnes politiques et les bons outils soient mis en place pour soutenir les producteurs et les exportateurs tunisiens d'huile d'olive et d'huile d'olive conditionnée" a-t-il précisé.

Son nouvel objectif sera de "trouver avec Bruxelles et Tunis, les bonnes formules économiques et politiques pour soutenir ces exportations".

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