MAROC
23/01/2018 10h:25 CET | Actualisé 23/01/2018 10h:38 CET

Deux réalisatrices veulent partager la réalité des femmes vivant en milieu rural

Mdaif'IN/Facebook

FEMMES - Rendez-vous en terre peu connue. La réalisatrice et photographe Aouatef Khelloqi et sa collaboratrice Nada Zraidi lancent prochainement une web-série documentaire "Mdaif'IN" (association des mots "Daif" (invité en arabe) et le "IN" en anglais) mettant en lumière les femmes vivant en milieu rural.

Aouatef Khelloqi a longtemps exercé en Asie centrale, où elle travaillait notamment sur les minorités et la place des femmes issues de ces communautés. Installée au Maroc depuis trois ans, elle s'est naturellement tournée vers les femmes issues du milieu rural, qu'elle considère peu représentée au Maroc. "40% de la population au Maroc vivent en zone rurale, ce que je trouvais fou parce que ce sont des personnes dont on parle très peu. D'un point de vue extérieur, je me suis dis qu'elles peuvent être considérées comme une minorité invisible", raconte au HuffPost Maroc Aouatef Khelloqi, pour évoquer la genèse du projet. Elle et Nada Zraidi prennent alors les routes du Maroc pour rencontrer ces communautés, et commencent par tourner dans des coopératives.

Une immense capacité de résilience

Elles font la connaissance de femmes qui, malgré leurs conditions de vies parfois difficiles, gardent une résilience et une volonté qui ont beaucoup touché la réalisatrice. "C'est cette hargne à vouloir dégager un revenu. Ce qui est impressionnant, c'est leur soif et capacité de résilience. Ce n'est vraiment pas évident de vivre dans certaines régions: certaines sont enclavées, d'autres ont eu l'électricité il n'y a pas très longtemps, d'autres n'en ont pas du tout, tandis que certaines continuent à chercher l'eau au puits. Elles sont dans un contentement de leur situation", poursuit-elle.

"On donne la parole à des femmes pour qu'elles nous racontent leur quotidien, mais également la façon dont elles se perçoivent en tant que femmes rurales au sein de la société marocaine", ajoute Aouatef Khelloqi, qui souhaite "comprendre cette volonté de trouver les moyens de gagner une forme d'indépendance, d'autonomisation et d'empowerement", sous la forme de coopératives qu'elles ont mises en place ou d'associations informelles.

Golden Hands - Teaser from Aouatef KHELLOQI on Vimeo.

Un message contemporain

Des femmes si isolées qu'elles s'étonnent même de voir ces deux jeunes femmes venues de la ville pour s'intéresser à leur sort, mais dont le point de vue et la philosophie de vie peuvent, selon Aouatef, apporter beaucoup aux spectateurs. "Aujourd'hui, on est dans une thématique d'accepter le pouvoir du moment présent mais elles, elles l'incarnent complètement et sous-estiment ce qu'elles peuvent apporter au reste des femmes marocaines".

"Ce n'est pas évident, elles aimeraient que leurs conditions de vies s'améliorent mais elles ne se lamentent pas avec le peu de moyens qu'elles ont, elles vont essayer de trouver une solution".

En attendant la diffusion en ligne de la série documentaire, ces dernières publient régulièrement sur les réseaux sociaux des photos et vidéos des coulisses de ce projet, dévoilant au fil des partages leur interaction avec les femmes qu'elles rencontrent:

It’s all about food :) We celebrated 3 years of the cooperatives ;-) #wonderwoman

Une publication partagée par Mdaif'in (@mdaifin) le

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