TUNISIE
22/01/2018 08h:33 CET

Caid Essebsi-Ghannouchi et Nidaa-Ennahdha entretiennent le flou sur leurs relations

Amine Landoulsi/Anadolu Agency/Getty Images
RADES, TUNISIA - MAY 20: Tunisian President Beji Caid Essebsi (R) and President of Ennahda movement Rached Ghannouchi (L) salute during the 10th general assembly of Ennahda Party at Olypmic Hall in Rades, Tunisia on May 20, 2016. (Photo by Amine Landoulsi/Anadolu Agency/Getty Images)

Selon plusieurs médias, le président de la République Béji Caïd Essebsi aurait décliné l'invitation du World Economic Forum qui se tiendra, cette année, du 23 au 26 janvier 2018. Pourtant un communiqué de la présidence de la République a annoncé, le 3 janvier courant, sa participation aux travaux du forum à la fin du mois. Pourquoi Caïd Essebsi aurait-il donc changé d’avis?

Selon certains médias, cette annulation revient au fait que Rached Ghannouchi, dirigeant d’Ennahdha, a été invité à son tour au Forum et se rendra en Suisse pour représenter la Tunisie aux côtés de la délégation officielle.

Chose qu'Imed Khemiri, porte-parole du mouvement Ennahdha, aurait écarté dans une déclaration accordée à Mosaïque Fm. Il a précisé que Ghannouchi prendra part à cet événement à titre personnel et ne représentera pas l’État Tunisien. Outre, il a affirmé que ce n’est pas la première fois que Ghannouchi participe à ce forum. “C’est sa quatrième participation” a-t-il précisé en assurant qu’il n’y a aucun lien direct entre la participation de Ghannouchi et la décision prise par Caïd Essebsi.

Revenant au sujet de l'annulation de participation de Caïd Essebsi aux travaux de Davos , Assabah a exposé une autre hypothèse relative à la visite officielle en Tunisie du président français Emmanuel Macron qui se tiendra du 31 janvier au 1er février prochain. Une visite qui coïncide avec les travaux de Davos, explique une source diplomatique proche de la présidence de la République. Assabah estime que “l’harmonie” entre Ghannouchi et Caïd Essebsi continue à régner, et ce malgré les derniers tumultes liés aux déclarations du parti Nidaa Tounes de vouloir rompre ses liens avec Ennahdha. Selon la même source, cette bonne entente qui prévaut entre les deux hommes ferait en sorte que les rôles soient partagés.

Selon la liste des Speakers publiée par le site du World Economic Forum, c’est le ministre des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui, qui se rendra à Davos accompagné d’une délégation officielle. Ni Béji Caid Essebsi, ni Rached Ghannouchi ne figurent dans cette liste.

Il est important de noter qu'aucune réaction n'a été enregistrée de la part de la présidence de la République pour affirmer ou infirmer la décision de Caïd Essebsi.

3000 participants sont attendus lors de cette édition 2018 qui sera présidée exclusivement par des femmes. Parmi elles figurent la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, la Première ministre norvégienne Erna Solberg et la directrice générale d'IBM Ginni Rommety.

"Nous avons 3000 participants qui se rassemblent à un moment où de nombreux défis géopolitiques apparaissent et où la croissance revient dans l'économie mondiale. Et pour en discuter, ici à Davos, nous avons plus de 70 chefs d'États et de gouvernements, mais aussi les grands dirigeants d'entreprises mondiales et les plus éminents représentants de la société civile", explique Borge Brende, président du Forum économique de Davos.

La 48e conférence de Davos s'est donné pour objectif “d'explorer les racines des multiples fractures politiques, économiques et sociales de la société mondiale” et de trouver “des solutions pragmatiques” pour y faire face.

Vers un retrait d'Ennahdha du gouvernement d'union nationale?

Alors que de bruits de couloirs laissent penser que le courant ne passe plus entre Nidaa Tounes, le parti formé par Caïd Essebsi, et Ennahdha, ce dernier aurait évoqué, lors de sa dernière réunion, la possibilité de se retirer du gouvernement d'union nationale, annonce "Alaraby al jadid". Une information qui a été, notamment, confirmée par Mehrezia Laabidi, une figure emblématique du parti, dans une déclaration accordée à Assabah News. Elle a précisé que ce scénario a été soulevé par des dirigeants du parti en expliquant que ces derniers auraient estimé que leur présence au sein du gouvernement Chahed n'a aucun sens. "Le maintien du mouvement au sein du gouvernement n’a plus de raison après l’annonce de Nidaa Tounes de vouloir rompre les liens avec lui sans consultation préalable" a-t-elle expliqué.

D'après "Alaraby al jadid", cette proposition n’a pas eu les faveurs du leader du mouvement Rached Ghannouchi qui l’a rejetée.

Or, le porte-parole d'Enanhdha Imed Khemiri a nié en bloc l'intention du mouvement de quitter le gouvernement. Il a précisé à Akher Khabar Online que cette question n'a jamais été évoquée. Il a affirmé qu'Ennahdha fait partie du gouvernement d'union nationale et soutient les principes abordées dans le pacte de Carthage.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.