18/01/2018 10h:34 CET | Actualisé 18/01/2018 10h:34 CET

TechCrunch: De "mauvais acteurs" manipulent les prix du bitcoin

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C’est le genre d’infos qui n’est pas de nature à rassurer sur l’usage de la crypto-monnaie, et donne davantage d’arguments à ses adversaires. Selon le site TechCrunch, des chercheurs au Journal of Monetary Economics ont constaté qu'une personne a probablement fait passer la valeur du Bitcoin de 150 à 1000 dollars. Néanmoins, compte tenu de la nature spéculative de cette monnaie virtuelle, ces comportements n’étonnent guère.

Dans un article du Journal of Monetary Economics (JME), intitulé "Manipulation des prix dans l'écosystème Bitcoin", cité par le site TechCrunch, les chercheurs Neil Gandal, JT Hamrick, Tyler Moore et Tali Oberman, décrivent à quel point la valeur du Bitcoin "est contrôlée par de mauvais acteurs".

Ce document identifie et analyse l'impact des activités commerciales suspectes sur le Mt. Gox Bitcoin currency exchange (la plateforme d’échange de bitcoins, ndlr), où environ 600.000 bitcoins (BTC) d'une valeur de 188 millions de dollars ont été acquis frauduleusement", rapporte TechCrunch citant les chercheurs. "Au cours de deux périodes, le taux de change USD-BTC a augmenté en moyenne de 4% les jours où des transactions suspectes ont été enregistrées, contre une légère baisse les jours sans activité suspecte. Basé sur une analyse rigoureuse et des vérifications approfondies, l’article (de JME) démontre que l'activité boursière suspecte a probablement provoqué la hausse sans précédent du taux de change USD-BTC fin 2013, passant de 150 à plus de 1000 dollars en deux mois."

L'équipe de chercheurs a également constaté que de nombreux cas de manipulations des prix "se sont produits simplement parce que le marché était très mince pour diverses crypto-monnaies, y compris au début du Bitcoin". "Malgré l'énorme augmentation de la capitalisation boursière, similaire au marché bitcoin en 2013 (la période examinée), les marchés pour ces autres monnaies virtuelles sont très minces. Le nombre de crypto-monnaies est passé d'environ 80 au cours de la période examinée à 843 aujourd'hui. Beaucoup de ces marchés sont minces et soumis à la manipulation des prix", explique TechCrunch.

Selon le site TechCrunch, citant JME, la "manipulation a eu lieu principalement via deux bots (agents logiciels, ndlr), Markus et Willy, qui semblaient effectuer des transactions valides, mais ne possédaient pas réellement le bitcoin qu'ils utilisaient. Pendant le piratage de la plateforme Mt. Gox, un certain nombre de ces robots a été en mesure de créer de fausses transactions et s'enfuir avec des millions de dollars tout en manipulant le prix du BTC".

Markus et Willy

Ainsi, les bots informatiques Markus et Willy font la pluie et le beau temps sur les plateformes de bitcoin.

L'article de JME montre que "même si l'activité frauduleuse est mise de côté, le volume moyen des transactions sur tous les principaux marchés boursiers échangeant des bitcoins et des USD était beaucoup plus élevé les jours où les bots étaient actifs", note TechCrunch. "L'augmentation associée de la négociation "non-bot" était, bien sûr, rentable pour (la plateforme) Mt. Gox, puisqu'elle a perçu des frais de transaction", ajoute le site.

Pour TechCrunch, si les plateformes d’échange de crypto-monnaie veulent être prises au sérieux, elles "ne devraient pas être aussi facile à manipuler les marchés". "Alors que la finance traditionnelle investit dans les actifs de crypto-monnaie et que les pays prennent des mesures pour légaliser le bitcoin comme système de paiement (comme le Japon l'a fait en avril 2017), il est important de comprendre comment les marchés de crypto-monnaie sont manipulables. Notre étude fournit un premier examen", écrivent les chercheurs cités par TechCrunch.

A noter que, récemment la Bundesbank a appelé à une réglementation mondiale du bitcoin "car des règles nationales ou régionales seraient difficiles à appliquer dans un environnement virtuel sans frontières", a déclaré la banque centrale d’Allemagne. Plusieurs pays, en particulier en Asie, ont tenté de freiner l‘essor du bitcoin et d‘autres monnaies virtuelles, comme l’a fait la Corée du Sud. Mais, pour Joachim Würmeling, membre du directoire de la Bundesbank, cité par Reuters, une "régulation efficace des monnaies virtuelles ne serait donc possible que grâce à la plus grande coopération internationale possible, car le pouvoir réglementaire des Etats-nations est évidemment limité".

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