MAROC
18/01/2018 11h:35 CET | Actualisé 18/01/2018 12h:10 CET

HCP: Le moral des ménages marocains toujours en berne

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CONFIANCE - Malgré une légère amélioration de leur indice de confiance début 2017, les ménages marocains n’ont globalement ressenti aucune amélioration de leurs conditions de vie durant les 12 derniers mois. C’est ce qui ressort de la dernière publication du Haut-Commissariat au Plan (HCP) consacrée à la question. Selon les chiffres du département de Lahlimi, ils seraient même 35,4% à avoir déclaré une dégradation de leur qualité de vie. Et 2018 ne s’annonce pas plus rose puisque près des deux tiers des ménages sondés ne s’attendent à aucune amélioration.

Ce n'est pas vraiment le moment d'acheter une maison

Ce sentiment de dégradation, les Marocains le ressentent surtout dans leur situation financière et leur perception du chômage. Ainsi, et toujours selon les données du HCP, 72,8% des ménages s’attendent à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois tandis que près de 30% déclarent être obligés de s’endetter ou de puiser dans leur épargne pour arriver à s’en sortir et couvrir leurs dépenses.

Dans une conjoncture perçue comme difficile, et de manière attendue, les décisions d’achat de biens durables sont reportées. Au 4e trimestre de 2017, plus de la moitié des ménages considèrent en effet que le moment n’est pas opportun pour de telles acquisitions et préfèrent attendre une amélioration de leur situation financière avant de franchir le pas. Selon le HCP, cette amélioration est attendue durant les 12 prochains mois pour 30,3% des ménages interrogés, alors que 11,1% prévoient plutôt une dégradation.

Les ménages se plaignent également de l’inflation des produits alimentaires. Ils sont ainsi 88,9% à avoir ressenti une hausse des prix de ces produits durant l’année 2017 et 80,1% à l’anticiper pour 2018.

Santé et enseignement: les Marocains broient du noir

Dans un autre registre, l’institut de statistiques s’intéresse également à la perception des ménages de certaines composantes de leur environnement. Réalisés annuellement et non trimestriellement, ces indicateurs jaugent l’opinion des Marocains sur la situation des droits de l’Homme, la protection de l’environnement et la qualité de certains services publics.

Sans surprise, le pessimisme des ménages atteint des niveaux jamais égalés depuis le début de l’enquête vis-à-vis des services de santé et de l’enseignement. En 2017, près de 60% des ménages affirment que les soins de santé se sont plutôt détériorés. Le solde négatif de cet indicateur a ainsi dégringolé entre 2016 et 2017, passant de -43 points à -45,5 points, enregistrant ainsi son niveau le plus négatif depuis le début de l’enquête. Même son de cloche pour les services de l’enseignement dont le solde d’opinion est passé à -22,9 points, tout comme pour la situation des droits de l’Homme qui se serait détériorée selon 50,9% des Marocains.

Seul point positif de cette étude, la perception des ménages est plutôt optimiste quand il s’agit de la qualité des prestations administratives et de la qualité de l’environnement qui se seraient respectivement améliorées selon 61,6% et 48,7% des sondés.

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