TUNISIE
18/01/2018 13h:49 CET

Test anal, droits des femmes, "impunité des policiers": Le bilan mitigé de Human Rights Watch sur la Tunisie

Zoubeir Souissi / Reuters
People pass by members of a musical group performing on Habib Bourguiba Avenue in Tunis, Tunisia January 17, 2018. REUTERS/Zoubeir Souissi

L'ONG internationale Human Right Watch a dressé un bilan mitigé de l'amélioration des droits humains en Tunisie, dans son rapport publié, le 18 janvier, intitulé "La lenteur des réformes affaiblit le respect des droits humains".

Pour Amna Guellali, directrice du bureau de Human Rights Watch en Tunisie, le pays a connu certaines choses positives et d'autres moins.

En effet, Human Rights Watch estime que "la Tunisie a continué de mener les droits des femmes dans le monde arabe". L'organisation se félicite de l'adoption de la loi de lutte contre les violences envers les femmes, englobant l'abrogation de l'article 227 bis du code pénal qui permettait à un violeur d'échapper à la punition s'il épousait sa victime ainsi que l'abolition de la circulaire de 1973 interdisant les mariages de femmes tunisiennes à des hommes non musulmans.

L'ONG pointe du doigt toutefois le projet de loi relatif à la répression des atteintes contre les forces armées qui renforcera "l'impunité pour les forces de sécurité" et criminalisera "l'expression pacifique". D'autant plus que l'article 125 du Code Pénal qui pénalise l' "outrage à un fonctionnaire public", est toujours appliqué.

Cet article est utilisé par les policiers pour "arrêter des personnes qui s’étaient querellées avec eux, avaient suivi leurs ordres trop lentement ou bien avaient porté plainte contre des policiers. Certaines de ces personnes ont été poursuivies par la suite, voire emprisonnées", selon HRW.

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L'organisation critique l'adoption de la loi sur la réconciliation administrative "qui sape le travail de l’Instance de la vérité et de la dignité, instaurée en 2014, qui est compétente pour enquêter à la fois sur les anciennes violations des droits humains et sur les délits économiques".

HRW fustige également le recours aux tests anaux pour "prouver" l'homosexualité des personnes arrêtées pour homosexualité malgré la promesse de l'État tunisien d'y mettre fin lors de l’Examen périodique universel de la Tunisie auprès du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

"Le gouvernement n’a encore pris aucune mesure concrète pour tenir sa promesse. Les autorités ont continué à poursuivre les hommes supposés homosexuels en vertu de l’article 230 du Code pénal, qui punit la 'sodomie' d’un à trois ans de prison", a conclu l'ONG internationale.

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