TUNISIE
15/01/2018 14h:17 CET

Saida Garrache: Seule l'UGTT a ramené des propositions lors de la réunion des signataires de l'Accord de Carthage

Dans une interview sur les ondes de Shems FM, la porte-parole de la présidence de la République, Saida Garrache, est revenue sur l'ensemble des mesures prises à l'issue des dernières perturbations qu'a connu le pays durant ces derniers jours, ainsi que sur les récentes réunions des signataires du Document de Carthage.

Garrache a déclaré que certaines parties avaient pris part aux réunions, croyant qu'elles visaient à changer le gouvernement. Elle a également dénoncé un manque de maturité politique de la part de ceux qui souhaitent changer le gouvernement, chose qui nécessiterait beaucoup de temps, alors que les élections municipales approchent, a-t-elle estimé.

"L'idée de la composition d'un nouveau gouvernement ne devrait même pas frôler leur esprits, vu le temps qu'il faudra pour le faire" a-t-elle ajouté.

En réponse à ceux qui avaient dénoncé l'absence de Youssef Chahed des réunions, Saida Garrache a affirmé que le gouvernement ne fait pas partie des signataires du Document de Carthage, mais est le fruit de ce document. "Il ne s'agit en aucun cas d'un boycott de la part du chef du gouvernement" a-t-elle tenu a expliquer.

Elle a également indiqué que le président Béji Caid Essebsi avait demandé lors de la première réunion, qu'on lui prépare une évaluation du travail du gouvernement, ainsi que des propositions de mise à jour du Document de Carthage, qui seraient présentées pendant la deuxième réunion.

"Le président leur a demandé de se mettre à la place de celui qui va appliquer ces modifications, à savoir le gouvernement, mais le seul participant à avoir ramené des propositions, a été l'UGTT, tandis que le reste des signataires ont demandé plus de temps pour soumettre leurs propositions" a-t-elle ajouté.

S'agissant de l'appel au décret de couvre feu pendant les dernières perturbations nocturnes, chose qui n'a pas été décidée par les autorités, Garrache a estimé que cela constitue une preuve que la sécurité du pays est bonne et que celui-ci est aujourd'hui capable de contrôler la situation, sans avoir recours au couvre feu.

Elle a également souligné que décréter le couvre feu renverrai une mauvaise image de la sécurité du pays, et toucherai donc au tourisme, alors qu'arriver à contrôler la situation aide à préserver l'image de la stabilité du pays.

Garrache a par ailleurs indiqué que le barème de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP), fixé par la loi de Finances 2017, avait fait profiter les plus démunis, contrairement à ceux qui perçoivent un salaire important, et qui ont vu leurs paies diminuer.

"Tenez par exemple, j'ai personnellement commencé ma fonction avec un certain salaire, et je me retrouve maintenant avec près de 300 dinars de moins" a-t-elle ajouté.

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