TUNISIE
12/01/2018 12h:05 CET | Actualisé 16/01/2018 07h:22 CET

La côte de popularité de Béji Caïd Essebsi et de Youssef Chahed en légère baisse, selon Emrhod Consulting

Zoubeir Souissi / Reuters
President Beji Caid Essebsi (R) meets with Prime Minister-designate Youssef Chahed in Tunis,Tunisia August 3, 2016. REUTERS/Zoubeir Souissi

La côte de popularité du président de la République, Béji Caïd Essebsi, et du Chef du gouvernement Youssef Chahed est en baisse, révèle le Baromètre politique d’Emrhod Consulting pour “Dar Essabah”.

En effet, d’après les résultats dévoilés vendredi sur les colonnes du journal quotidien “Assabah”, le taux de satisfaction vis-à-vis de Caïd Essebsi a baissé en passant de 32% en novembre à 31,5% en janvier. Pareil pour Chahed dont le taux est passé de 49,4% à 48,6%. “On s'attendait à pire!,” a martelé Nabil Belam, directeur général d'Emrhod consulting, dans une interview accordée à Express Fm. “La position diplomatique prise par le gouvernement concernant l’affaire d’Emirates a freiné la chute", a-t-il estimé.

Pourtant, le sondage montre que Youssef Chahed (12,2%) suivi de Béji Caïd Essebsi (6,2%) sont les personnalités politiques les plus aptes à diriger le pays d’après les sondés. Certes, les taux sont relativement faibles mais dévoilent “l’absence d’alternative”, a expliqué Belam.

Derrière le duo de l’exécutif, se trouve en troisième position Moncef Marzouki, l’ancien président de la République et président du parti Al Irada, avec 5,6%. Il est suivi par Safi Saïd (4,2%), le couple Abbou du Courant démocrate (Attayar), le leader du Front Populaire Hamma Hammami et enfin le dirigeant du mouvement Ennahdha Rached Ghannouchi. Enfin, Mohsen Marzouk, fondateur du parti Machrou Tounes, ferme la marche.

Belam a fait savoir que toutes les personnalités politiques ont vu leurs côtes de confiance reculer tout en gardant le même ordre dans le classement.

Revenant sur l’énigme Safi Said, Belam a estimé cette forte popularité s’explique par sa distinction par rapport aux autres figures politiques. Selon lui, son importante présence médiatique, ses avis différents de ceux qui dominent la scène politique, son indépendance et son audace, font de lui une personnalité admirée par un grand nombre de Tunisiens.

Concernant les intentions de vote pour les prochaines élections, les deux “grands partis” à savoir Nidaa Tounes et Ennahdha dominent le classement. C’est Nidaa Tounes qui arrive en Tête de peloton avec 15,7% des intentions de vote devançant Ennahdha qui a collecté 8,8% des voix des sondés. En troisième position se trouve le Front populaire avec 4,6%.

Belam a, par ailleurs, mis en garde contre un sérieux risque d’abstention aux prochaines élections. Il a évoqué la relation linéaire entre le taux de pessimisme et le taux d’abstention. Il a estimé qu’en cas de fort niveau d'abstention, seuls les partis ayant “une base solide” réussiront. D’après lui, les partis fragiles dont ceux nouvellement créés, trouveraient souvent des difficultés à marquer leur place dans l'échiquier politique.

Au niveau économique, le sondage révèle que 66,3% des interrogées jugent que la situation économique est en train de se dégrader notamment avec les augmentations des prix qui auraient des impacts néfastes sur leur pouvoir d’achat. Seulement 22,2% des sondés estiment que la situation économique est en cours d’amélioration.

S’agissant du taux d’optimisme des Tunisiens, l’enquête démontre que ce dernier a nettement reculé en passant de 56,8% en novembre 2017 à 53,2% en janvier 2018.

D’autre part, 30% des sondés pensent que l’année 2018 sera pire que les précédentes. Un taux relativement élevé qui n’a jamais été atteint durant les quatre dernières années.

Pour ce qui est du phénomène de la corruption, 59,7% des personnes interviewées ont considéré que ce fléau est en train d’évoluer contre 63,3% en novembre dernier. Seulement 16,3% des sondés ont trouvé que ce fléau a diminué, et ce malgré les efforts gouvernementaux pour lutter contre ce phénomène et le lancement des coups de filet contre les barons de la contrebande et de la corruption.

L’enquête a été réalisée sur une échantillon de 1530 personnes représentatif de la population tunisienne âgée de 18 ans et plus, et ce durant la période allant de 2 à 5 janvier 2018, soit peu avant le déclenchement des mouvements de protestations appelant à la révision de la hausse des prix et des nouvelles mesures adoptées dans la loi de finances 2018.

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