TUNISIE
10/01/2018 06h:45 CET

Pour Ahmed Seddik, la coalition au pouvoir veut imputer "les actes anarchiques nocturnes" au Front Populaire

Invité de la matinale de Shems Fm, le député du Front Populaire Ahmed Seddik a mis en cause les "opérations de vol et de vandalisme" qui ont eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi indiquant qu'elles n'avaient rien à voir avec les manifestations contre la hausse des prix.

"Ce sont des actes commis par des criminels, qui tombent sous le coup de la loi" a-t-il affirmé tout en reprochant un discours politique voulant faire l'amalgame entre les actes de vandalisme nocturnes et les manifestations contre la hausse des prix.

"La confusion voulue et continue sur les pages des réseaux sociaux proches des partis à la coalition au pouvoir et surtout le mouvement Ennahdha, montre qu'il y a une tentative d'amener une confusion entre les manifestations et les actes anarchiques" a-t-il indiqué appelant l'État à appliquer la loi contre ceux à l'origine de ces actes de vols, de vandalisme et de braquages.

"Les manifestations nocturnes doivent avoir lieu dans des endroits, faits pour accueillir des manifestations nocturnes. Par le passé, on a fait des veillées nocturnes à l'avenue Bourguiba. Il y a également eu des sits-in qui ont eu lieu le soir devant le parlement, encadrée par la police et avec une autorisation" a-t-il rappelé.

Selon lui, les mouvement nocturnes sont téléguidés: "Comme cela a été avancé, il y a eu une personne appartenant à un parti politique de la coalition au pouvoir, qui dans une voiture administrative dans un des gouvernorats a distribué de l'argent" aux fauteurs de troubles. "La police est en train de mener son enquête".

Pour Ahmed Seddik, il y a certains partis qui veulent imputer ces mouvements au Front populaire, des partis qui veulent "régler leurs comptes avec le Front populaire ou qui ont peur pour leur places".

Revenant sur la loi de Finances 2018, Ahmed Seddik martèle que le Front Populaire y est opposé: "Nous sommes contre la loi de finances et nous voulons faire la faire tomber mais nous appelons les gens à manifester d'une façon pacifique en plein jour pour défendre ses droits".

Les revendications du Front populaire sont claires indique-t-il: "l'annulation de toutes les mesures impopulaires contenues dans la loi de finances", c'est à dire, la loi de finances 2018 "dans son ensemble".

Pour lui, les prémices des mouvements sociaux demandant l'annulation de la loi de finances 2018 étaient palpables. "En dehors du Front populaire, plusieurs personnalités qu'elles soient à l'intérieur ou en dehors de la coalition au pouvoir ont dit que cette loi allait mener vers une catastrophe économique et sociale". Mais selon lui, "personne n'a rien voulu entendre (...) et cette loi a été passée en force".

Concernant les alternatives proposées par le Front populaire si jamais cette loi de finances venait à être annulée, Ahmed Seddik indique que le Front "a présenté plus de 26 propositions d'amendement avant l'adoption de la loi de finances".

"Et lors des discussions informelles, certains nous ont écouté et nous ont même donné raison, mais ensuite lors du vote on a vu des résultats différents" a-t-il déploré.

Malgré les nombreuses proposition de son parti et les signaux d'alarme envoyées par plusieurs experts, la coalition au pouvoir n'a rien voulu entendre: "On leur proposé des amendements pour leur dire d'où l'État pouvait ramener de l'argent sans ajouter de fardeau aux plus pauvres. On leur proposé des amendements pour leur dire comment aider les institutions publiques à être concurrentielles tout en gardant les fonctionnaires (...)".

"Vous voulez savoir pourquoi nos propositions ne leurs ont pas plu? Parce qu'elles touchent des minorités qui sont en train de les appuyer" a-t-il justifié.

La solution est simple selon lui: "Revenir sur cette loi de finances (...) Bourguiba, quand il a vu que sa décision était une erreur (...) est revenu sur sa décision".

"On fait quoi? On laisse le pays aller à sa perte? Le gouvernement en payera le prix comme résultat de son erreur mais au moins le pays restera debout" a-t-il conclu.

La Tunisie connait depuis Samedi de nombreux mouvement sociaux contre la hausse des prix. Certains manifestants dont notamment le collectif "Fech Nestanew" ont demandé le retrait de la loi de Finances 2018.

Dans les nuits de lundi à mardi et de mardi à mercredi, plusieurs affrontements nocturnes ont eu lieu entre la police et des individus auteurs d'actes de vandalisme, de vol et de braquages.

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