TUNISIE
09/01/2018 13h:44 CET | Actualisé 09/01/2018 13h:51 CET

Le Front populaire appelle à la mobilisation de la rue pour le retrait de la loi de Finances 2018

Tunisian leader of the Popular Front and spokesman of the Tunisian Workers' Party Hamma Hammami (C) attends a meeting in the capital Tunis with all political parties to decide on the date of the next municipal elections on September 18, 2017.  / AFP PHOTO / FETHI BELAID        (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)
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Tunisian leader of the Popular Front and spokesman of the Tunisian Workers' Party Hamma Hammami (C) attends a meeting in the capital Tunis with all political parties to decide on the date of the next municipal elections on September 18, 2017. / AFP PHOTO / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)

Le lendemain d’une nuit agitée sur fond de manifestations contre l'augmentation des prix prévues par le gouvernement dans la loi de Finances 2018, le Front populaire a organisé une conférence de presse pour revenir sur les événements.

“Le Front Populaire (FP) soutient les mouvements de protestation qui se sont déclenchés dans près de dix gouvernorats du pays contre la loi de finances pour l’exercice 2018“, a déclaré le porte-parole du Front, Hamma Hammami en déplorant les actes de violences et de vandalisme qui ont eu lieu la veille dans certaines régions et quartiers de la capitale.

“Ces actes de vandalisme et de pillage ne sont qu’une tentative visant à entacher les mouvements pacifiques de protestation et à les dévier de leur objectif”, a-t-il estimé.

Hammami a rappelé que les mouvements pacifiques déclenchés dans ces régions pour protester contre les augmentations des impôts et des prix de certains produits et services prévues par la loi de finance de 2018 sont tout à fait légitimes.

Pour lui, ”les autorités et la coalition au pouvoir auraient dû combattre les grands voleurs du pays au lieu de réprimer les pauvres qui manifestent contre des injustices et des maux causés par une coalition qui défend les intérêts d’une minorité, des États et des établissements financiers étrangers au détriment de ceux de son peuple".

Tout en dénonçant ce qu’il a qualifié de ”politique d’appauvrissement du peuple et de destruction de l’économie nationale“, Hammami a tenu à rappeler que ”le front populaire a déjà mis en garde contre les conséquences d’une telle loi sur le tissu économique et social bien avant son adoption par les députés de la coalition au pouvoir".

Hamma Hammami a fait savoir que le Front populaire a refusé cette loi “dans les rues”, mais également au parlement. “Et pourtant la majorité parlementaire a voulu faire passer cette loi coûte que coûte, et voilà que nous sommes en train d’observer les répercussions”, a-t-il dit en soutenant les mouvements de protestation déclenchés. “Ce sont des protestations légitimes et nécessaires pour mettre fin à ces politiques d’appauvrissement” a-t-il souligné.

Le leader du Front a appelé, d’autre part, tous les Tunisiens à descendre dans les rues le 14 janvier prochain pour “faire tomber les nouvelles mesures jugées injustes adoptées dans le cadre de la nouvelle loi de Finances". “Le Front appelle à manifester ce 14 janvier, qui coïncide avec le 7ème anniversaire de la chute du régime de la dictature, contre la loi de finances, et ce dans un cadre pacifique et organisé”.

Mongi Rahoui: "Le Front populaire a toujours été contre cette loi de Finances"

Quant à Mongi Rahoui, membre du Front et président de la commission des finances à l’ARP qui était présent à la conférence de presse, il a noté que le Front populaire a mis en garde depuis octobre dernier sur les répercussions de la loi de finances 2018. Il a dit avoir averti à de maintes reprises que cette loi pourrait engendrer “une explosion sociale” et entraver le développement et l’investissement dans le pays.

"Les mesures stipulées dans la loi de finances de 2018, dont l’augmentation des impôts et des prix ont principalement pour but de collecter les 2 mille millions de dettes à rembourser pour cette année“ a-t-il encore souligné.

Ces mesures qui pèsent lourd sur le simple citoyen favorisent, selon Rahoui, "l’injustice et l’inégalité sociale".

”L’attribution de la responsabilité de l’adoption de la loi de finances au président de la commission de finances n’est qu’une allégation fallacieuse“, a-t-il tenu à souligner.

”La loi de finances a été adoptée par la majorité des membres de la Commission de finances qui est formée des députés de la coalition au pouvoir“, a-t-il expliqué, rappelant que le Front avait voté contre cette loi aussi bien en commission qu’en plénière.

”La coalition défend ses propres intérêts au détriment des classes sociales et des catégories les plus démunies“, a-t-il accusé.

Pour Zouheir Hamdi, les mesures prévues par la loi de Finances n’émanent pas d’une volonté du peuple

Pour le secrétaire général du Courant populaire (membre du Front Populaire) Zouheir Hamdi, les mesures prévues par la loi de Finances n’émanent pas d’une volonté du peuple mais sont dictées par les forces internationales.

”Certaines de ces dispositions ont été dictées par le Fond Monétaire International (FMI) et les forces économiques comme l’Union Européenne, conformément à des accords préalablement signés avec eux“, a-t-il dit.

Pour Adnène Hajji, ces actes “de vandalisme” sont justifiés

Le député originaire de Redeyef, Adnène Hajji, a indiqué lors de son intervention à la plénière de l’ARP consacrée aux récents événements, que les tensions sociales sont légitimes et prévisibles dans un État dirigé par “des pilleurs”. Selon lui, les actes de vandalisme observés la veille sont justifiés, "et c'est courant dans le monde entier” a-t-il déclaré. “Qu’est ce que vous attendez d’un peuple agité, réprimé…” a-t-il répliqué en ajoutant que “lorsque le gouvernement dérobe, le peuple réagit à son tour et pille. C’est logique”.

Ammar Amroussia appelle à la tenue d’élections législatives et présidentielles anticipées

"Combien le pays a besoin de martyrs pour faire partir ce régime corrompu" a martelé le député Ammar Amroussia en appelant le président de la République Béji Caïd Essebsi à suivre les pas de Bourguiba en annulant toutes les mesures prises au niveau de la loi de Finance.

"De Ben Guerdane à Bizerte, soyons unis pour faire tomber le régime" a-t-il poursuivi en disant que le gouvernement est devant deux options soit la tenue d’élections législatives et présidentielles anticipées ou la révolte.

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