TUNISIE
09/01/2018 06h:39 CET | Actualisé 09/01/2018 07h:51 CET

Manifestations en Tunisie: Bilan d'une nuit sous tension

Tunisian police track down rioters in Ettadhamen on the outskirts of Tunis late on January 8, 2018 after price hikes ignited protests in the North African country.  / AFP PHOTO / SOFIENE HAMDAOUI        (Photo credit should read SOFIENE HAMDAOUI/AFP/Getty Images)
SOFIENE HAMDAOUI via Getty Images
Tunisian police track down rioters in Ettadhamen on the outskirts of Tunis late on January 8, 2018 after price hikes ignited protests in the North African country. / AFP PHOTO / SOFIENE HAMDAOUI (Photo credit should read SOFIENE HAMDAOUI/AFP/Getty Images)

La nuit de lundi à mardi a été mouvementée dans plusieurs villes de la Tunisie pour protester contre la hausse des prix. Une nuit de tension marquée par des manifestations nocturnes contre le gouvernement et des affrontements avec la police.

Pendant de longues heures, la tension a régné un peu partout dans le pays de la cité Ettadhamen, à Kasserine en passant par la cité Intilaka, la Mannouba, le Kef, Gafsa, Kébili, Gabès…

Des biens publics ont été attaqués, certains magasins pillés et des actes de violences observés: le bilan des protestations contre la flambée des prix s’avère lourd notamment avec la mort d’un manifestant à Tebourba.

44 personnes arrêtées

Au lendemain de cette nuit agitée, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Khelifa Chibani a annoncé sur les ondes de Mosaïque Fm que 44 personnes, impliquées dans des actes de violence et de vandalisme dans les cités d’Ettadhamen, Intilaka, à Kasserine et Gafsa, ont été arrêtées. Il a précisé que 18 individus ont été arrêtés entre les cités Ettadhamen et Intilaka, 16 à Kasserine, et 10 autres à Gafsa.

Heurts nocturnes marqués par des actes de violence et de saccage

Revenant sur les dégâts de la soirée, le porte-parole du ministère de l’Intérieur a fait savoir que le poste de police de la ville El Battan relevant du gouvernorat de La Mannouba a été saccagé, la recette des finances à El Gtar dans la région de Gafsa a été pillée et la fourrière municipale a été vandalisée. Il a ajouté que 34 motos ont été volées après avoir saccagé la fourrière municipale de la cité El Bassatine à Kasserine. Une importante quantité de tabac a été également dérobée, des banques vandalisées. Des documents dans plusieurs institutions publiques ont été incendiés.

Des policiers blessés

D’après Chibani, deux policiers ont été blessés lors des affrontements avec les manifestants. Munis d’armes blanches, ces derniers auraient lancé cocktails molotov et jeté des pierres sur les agents de sécurité, a-t-il précisé.

“Un agent de la police et le directeur de la sécurité nationale ont été blessés suite à ces affrontements musclés” a-t-il ajouté.

Les réseaux sociaux enflamment la situation

Chibani a dénoncé, par ailleurs, les campagnes menées sur les réseaux sociaux pour "raviver la tension et diffuser des fausses informations".

“La machine Facebook a tourné, hier, à plein régime” a-t-il regretté en évoquant le décès du jeune de Tebourba. “Il n’a pas été écrasé par un véhicule de la police comme l’ont propagé certaines pages sur les réseaux sociaux” a-t-il souligné.

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur a rappelé, d’autre part, que le pays est actuellement en état d’urgence et que “tous ceux qui ont participé à ces actes de vandalisme seront punis par la loi”.

Youssef Chahed: Ce ne sont pas des protestations, il s’agit plutôt d’actes de vandalisme et de violence

Dans une déclaration accordée à Mosaïque Fm, le Chef du gouvernement Youssef Chahed a estimé que ce qui se passe actuellement n’a rien à voir avec les mouvements de protestation. “Il s’agit plutôt d’actes de vandalisme et de violence” a-t-il noté.

“Dans les démocraties, il n’y a pas de protestations la nuit. Le droit de manifester est garanti par la loi et le gouvernement est prêt à entendre les personnes qui revendiquent et protestent pacifiquement”, a-t-il affirmé en ajoutant que la loi sera appliquée sur les agresseurs, leurs donneurs d’ordres et tous ceux qui enfreignent la loi.

LIRE AUSSI: Manifestations: Nuit mouvementée en Tunisie

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.