MAROC
08/01/2018 14h:09 CET

Après la découverte des restes d'Homo sapiens, le site de Jbel Irhoud classé patrimoine national

Après la découverte des restes d'homo sapiens, le site de Jbel Irhoud classé patrimoine national
Shannon McPherron/Nature
Après la découverte des restes d'homo sapiens, le site de Jbel Irhoud classé patrimoine national

PATRIMOINE - Le site de Jbel Irhoud, où les plus vieux restes d'Homo sapiens ont été découverts l'année dernière, vient d'être classé au patrimoine national, selon le Bulletin officiel du 1er janvier 2018.

Le voeu formulé en août dernier par le ministre de la Culture d'inscrire ce sommet montagneux parmi les plus de 300 sites, monuments et zones classés "patrimoine national" au Maroc a ainsi été exaucé.

Situé entre Safi, Marrakech et Essaouira, Jbel Irhoud est un site archéologique riche en fossiles qui, depuis 2004, faisait l'objet de fouilles menées par une équipe de l'Institut national des sciences de l'archéologie et du patrimoine (INSAP), représentée par le professeur Abdelouahed Ben-Ncer, et une équipe de l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste, conduite par le Français Jean-Jacques Hublin.

Un mois par an, jusqu'en 2011, les deux équipes ont mené des travaux, avec le pic des trouvailles en 2007. En juin 2017, l'étude publiée par les chercheurs dans la revue Nature révélait que les premiers Homo sapiens vivaient il y a 300.000 ans en Afrique du Nord, et non il y a 200.000 ans en Afrique de l'Est, comme on le croyait jusqu'alors. Une découverte de taille, largement médiatisée.

"Avant qu'il ne soit classé, Jbel Irhoud était exposé à l'exploitation des carrières tout autour. Rien n'empêchait les exploitants d'empiéter sur le site et même de l'endommager", explique au HuffPost Maroc Abdelouahed Ben-Ncer.

"Ce nouveau statut protège le site, ainsi que le territoire environnant ou 'zone tampon' qui l'entoure, qui est 'non ædificandi', c'est-à-dire qu'aucun acte de construction ou enlèvement de pierres n'est possible", souligne-t-il. "C'est une protection juridique d'un point de vue foncier, qui respecte l'intégrité du site".

Les fossiles d'Homo sapiens retrouvés sur le site, dont un crâne et une mandibule, sont toujours en cours d'étude. "Il y a encore des choses à tirer pour le besoin de nos études anthropologiques et pour les besoins de la science", nous expliquait le professeur Ben-Ncer en juin dernier.

"Maintenant que nous connaissons l'âge de ces fossiles, notre espoir, c'est de pouvoir les compléter et essayer dans la mesure du possible d'avoir un squelette entier (...) pour que cela devienne, nous l'espérons, une pièce qui puisse faire l'objet d'une exposition dans un musée", espérait-il.

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