TUNISIE
07/01/2018 10h:18 CET | Actualisé 07/01/2018 10h:27 CET

La rupture politique entre Nidaa Tounes et Ennahda officiellement annoncée, les réactions fusent de partout

Hafedh Caid Essebsi (L), leader of Nidaa Tounes party, and Tunisian Islamist Ennahdha party leader Rached Ghannouchi, look on as they attend an official speech delivered by the Tunisian President Beji Caid Essebsi (unseen) on May 10, 2017 in Tunis.Essebsi said that the army will protect the output of Tunisia's main resources from being disrupted by protests over social and labour issues. / AFP PHOTO / FETHI BELAID        (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)
FETHI BELAID via Getty Images
Hafedh Caid Essebsi (L), leader of Nidaa Tounes party, and Tunisian Islamist Ennahdha party leader Rached Ghannouchi, look on as they attend an official speech delivered by the Tunisian President Beji Caid Essebsi (unseen) on May 10, 2017 in Tunis.Essebsi said that the army will protect the output of Tunisia's main resources from being disrupted by protests over social and labour issues. / AFP PHOTO / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)

La réunion nationale de Nidaa Tounes, qui s'est tenue hier, samedi 7 janvier, dans le but de se prononcer sur sa position concernant sa relation avec ses partenaires au pouvoir, notamment le mouvement d'Ennahdha, a donné lieu à bon nombre de réactions, aussi bien de la part de personnalités politiques, que sur les réseaux sociaux.

Et pour cause, la cohabitation entre Nidaa Tounes et le mouvement Ennahdha s'est officiellement transformée en rivalité, comme l'a clairement indiqué le chargé des affaires politiques au sein de Nidaa Tounes, Borhène Bsaïes, sur les ondes de Mosaique FM.

"Les temps ont changé"

"Il est normal que les relations entre les partis s'adaptent aux circonstances et aux changements politiques. Ce n'est en aucun cas une honte" a-t-il déclaré, indiquant que les temps ont changé depuis les élections de 2014.

"En 2014, il était stratégique de s'allier au mouvement d'Ennahdha, mais la démocratie doit être basée sur la concurrence, une concurrence qui n'était pas possible en 2014. Aujourd'hui, nous annonçons clairement qu'Ennahdha est désormais devenu un rival, je dirais même, notre premier rival" a-t-il ajouté.

Borhène Bsaies a par ailleurs souligné que, ce changement stratégique ne donnera naissance à aucune forme de conflit, et ne constituera nullement un obstacle au travail du gouvernement.

"Nous tenons à préserver un consensus politique dans le cadre du Document de Carthage. Nous considérons seulement que le parti Ennahdha est notre principal concurrent" a-t-il clarifié.

Pendant une conférence qui a précédé la réunion, le député Mongi Harbaoui a déclaré que le but de la réunion est de définir le mode d’action du parti en prévision des prochaines élections municipales.

Pour lui, il semble indispensable de mieux clarifier le type et la nature des rapports du parti, avec ses partenaires politiques sans exception.

"Nidaa Tounes et ses partenaires sont liés par le Document de Carthage et le gouvernement d’union nationale. A part ça, le parti agit sur la base de l’émulation politique légitime", a-t-il tenu à préciser.

Il a également annoncé l'intention de Nidaa Tounes de créer de nouvelles structures qui, a-t-il expliqué, auront pour mission d'accompagner les listes électorales.

Réseaux sociaux

Les internautes ne sont par contre pas de l'avis de Borhène Bsaies et ses collègues, dénonçant une sorte de manœuvre politique déguisée.

L'homme d'affaires, Karim Barketallah, a de son coté parlé de "supercherie qui a mis la nation à genoux et tué l’esprit démocratique dans le pays", estimant que les deux partis ne peuvent vivre l'un sans l'autre, après tant de "complicité".

"Nidaa a décidé de rompre son allégeance à Ennahdha ? Quand même ! Soyons sérieux !" a-t-il écrit dans une publication Facebook.

Le membre fondateur d'Afek Tounes, Neila Charchour, a quant à elle, qualifié cette décision de "zagzaga" (Zigzag), dénonçant une "résultante de beaucoup d'opportunisme et d'avidité de pouvoir".

"De quelle rupture parlez-vous?", s'était interrogée la journaliste et chroniqueuse politique, Salma Bouraoui, sur un ton visiblement ironique, voire facétieux.

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