TUNISIE
05/01/2018 14h:42 CET | Actualisé 05/01/2018 14h:51 CET

Réunion des signataires du Pacte de Carthage : Les différentes déclarations des participants

Présidence Tunisie رئاسة الجمهورية التونسية

Le président de la République Béji Caïd Essebsi et les parties signataires du Document de Carthage ont convenu que l’année 2018 sera l’année de la santé et de l’école publiques, a indiqué vendredi le secrétaire général de l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), Noureddine Taboubi.

Taboubi s'exprimait à l'issue d'une réunion tenue ce matin au palais de Carthage, sous la présidence du président de la République Béji Caïd Essebsi, et à laquelle ont pris part les différentes parties signataires du Document de Carthage.

Dans une déclaration aux médias, le secrétaire général de l'UGTT a indiqué que l’amélioration de la situation économique et sociale du pays commence par l’amélioration de ces deux secteurs clés pour la société tunisienne. "Notre dialogue sera focalisé, durant la prochaine période, sur l’aspect économique et social en vue d'identifier une vision claire et globale pour sauver le pays et trouver des solutions concrètes à l’inflation des prix et à la situation des classes sociales les plus démunies", a-t-il ajouté

"Nous nous sommes mis d’accord sur la nécessité de tenir un dialogue social et économique dans la prochaine période en vue de mettre en place une feuille de route à laquelle s’aligneront les différentes parties politiques et sociales", a déclaré de son côté, le directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi, avant d'ajouter qu'une "réunion se tiendra la semaine prochaine pour discuter des dates et étapes principales de ce dialogue."

Selon lui, d’autres réunions entre les différents signataires du Document de Carthage devraient succéder à la réunion d'aujourd'hui. "Plusieurs parties, dont Nidaa Tounes, ont appelé à un dialogue national social et économique", a-t-il souligné. "Le gouvernement fait de son mieux avec les moyens existants." a-t-il estimé

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Pour Rached Ghannouchi, président du mouvement Ennahdha, la réunion était positive. Elle a permis de dresser une évaluation objective de l’année dernière. Selon lui, les participants à la réunion ont discuté par la même occasion les perspectives pour l'année prochaine.

"Nous nous réunirons davantage pour mieux discuter des grandes lignes pour l'avenir", a-t-il ajouté. Selon lui, les présents à la réunion ont mis en valeur les acquis et réalisations du gouvernement et ont discuté des points négatifs et positifs de l'action du gouvernement durant l’année passée, surtout en ce qui concerne le développement régional.

Le secrétaire général du mouvement Echaab, Zouhair Maghzaoui, a pour sa part, estimé que "l’absence d’une stratégie claire mettant en œuvre les principes du Document de Carthage a conduit le pays à cette situation critique de crise ".

"Certes, nous ne sommes pas représentés dans le gouvernement mais nous sommes directement concernés par la situation actuelle du pays" a-t-il dit

La présidente de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat, Wided Bouchamaoui a, quant à elle, affirmé que l’UTICA s’est engagée à donner la priorité à l'économie et à préconiser un model économique clair. Un groupe restreint se chargera de l’élaboration d’un rapport contenant les différentes propositions des parties signataires, a-t-elle dit.

Ont assisté à la réunion, Rached Ghannouchi, Hafedh Caïd Essebsi, Samira Chaouachi, Yassine Brahim, Jounaidi Abdejawed, Mohsen Marzouk, Zouhair Maghzaoui, Kamel Morjen, Noureddine Taboubi, Wided Bouchamaoui, Abdelmajid Ezzar.

Le parti Al-Joumhouri avait décliné jeudi, l'invitation de participer à cette réunion.

L'augmentation polémique des prix

Quant à l'augmentation de certains produits de consommation, qui avaient provoqué un tollé depuis son annonce, Béji Caïd Essebsi s’est dit pleinement conscient des mesures douloureuses contenues dans la Loi de finances.

Tout en regrettant l’augmentation des prix, Caïd Essebsi a estimé que "le gouvernement n’a d’autres alternatives que de

prendre de telles mesures pour rétablir les équilibres financiers".

"Bien que le gouvernement ait rencontré des difficultés au cours de l’année écoulée, il a quand même réussi à mettre en application des points du Document de Carthage et à réaliser des résultats respectables ", a déclaré le chef de l’Etat à l’ouverture de la réunion des signataires du Document de Carthage.

Selon lui, "le gouvernement a réussi a réaliser un taux de croissance de 2,2%, à franchir des pas importants en matière de lutte contre la corruption, à améliorer la situation sécuritaire dans le pays et à booster le tourisme".

"Le gouvernement a toutefois rencontré des difficultés particulièrement en termes de création d’emplois, d’instauration d’un nouveau modèle de développement pour les régions intérieures et de reprise de la cadence de production de plusieurs secteurs, à l’instar des phosphates et des hydrocarbures", a-t-il souligné.

A cette occasion, le président de la République a émis le souhait de voir l’année 2018 être une année charnière à même de permettre d’aplanir les difficultés, de redresser la situation difficile que traverse le pays, de mener à bien les élections municipales et de mette en place l’ensemble des instances constitutionnelles.

Par ailleurs, Caïd Essebsi a dit regretter l’absence du parti Al-Jomhouri de la réunion.

"Il a peut-être ses raisons et nous les respectons", a-t-il dit, s’interrogeant d’autre part sur les motifs du retrait du parti Afek Tounes du gouvernement.

Evoquant la prochaine élection présidentielle, a déclaré en substance : "j’encourage tout candidat à la présidentielle et je le conseille de se préparer, parce que la Tunisie a besoin de mener à terme son processus démocratique". "Je vais me tenir à égale distance de tous", a-t-il promis.

Coupure de la diffusion du direct

Dans un registre plus décalé, la réunion n'a pas manqué d'anecdotes, comme la diffusion d'une partie en direct, à l'insu des présents, y compris du président Béji Caid Essebsi, avant de s'en apercevoir et d'immédiatement arrêter la diffusion.

Alors qu’ils étaient tous réunis autour de la table du président pour désamorcer les tensions qui règnent dans le pays, une note a été discrètement présentée à Béji Caid Essebsi lui informant que la réunion était retransmise en direct et accessible au public.

Une situation qui n’a pas visiblement plu aux présents, comme le montre une vidéo publiée par Mosaïque Fm. “Ça suffit,” a signalé Caïd Essebsi en ordonnant la suspension de la diffusion en temps réel de la réunion sur la page officielle de la présidence de la République. Et d’ajouter que toute information concernant l’issue de cette rencontre, sera communiquée plus tard.

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