MAROC
04/01/2018 10h:05 CET

Comment établir (et garder) ses résolutions du nouvel an, selon des experts du coaching

Getty Images/iStockphoto

BIEN-ÊTRE - Arrêter de fumer, perdre du poids, faire des économies… les résolutions du nouvel an concernent souvent la santé et les finances. L’atmosphère festive et les espoirs d’une nouvelle chance peuvent pousser la personne à se fixer de nouveaux objectifs, qui finissent souvent par être abandonnés mi-février.

Cette notion de "résolution de fin d’année" reste assez nouvelle au Maroc, d’après la coach et formatrice Ikhlasse Ferrane. "C’est une des conséquences de la mondialisation, surtout concernant la vie personnelle des Marocains", explique-t-elle. "La notion de bilan est intégrée depuis des décennies en entreprise et dans le milieu professionnel, mais elle n’est pas très courante dans notre quotidien", indique-t-elle.

Généralement, les Marocains essaient d’améliorer leur qualité de vie et développer leur carrière, mais leurs résolutions restent très "modestes et dans la mesure du possible" d'après Karim Kanoute, coach et formateur en insertion professionnelle, qui constate qu'ils ont tendance à prendre des résolutions à court terme.

"La résolution d'un élève en dernière année de lycée, par exemple, sera d’avoir son baccalauréat, celle d'un demandeur d’emploi, de trouver un travail…", illustre-t-il. "Et quand quelqu’un veut prendre une résolution plus ambitieuse, il le dit souvent en plaisantant et n’y croit pas trop", regrette le coach.

La volonté est peut-être là, mais elle ne suffit pas pour pérenniser son engagement. S’il n’y a pas de recette magique, quelques changements et habitudes peuvent être mis en place pour atteindre ses objectifs. Interrogés par le HuffPost Maroc, les experts du coaching nous révèlent comment transformer le “Cette année, je vais” en "Cette année, j'ai réussi à".

1. Choisir le bon moment

L’état émotionnel dans lequel une personne décide de ses nouvelles résolutions le 31 décembre n'est pas le même que celui qui prévaut le reste de l'année, rappelle Karim Kanoute. La première erreur que l’on peut donc commettre est de prendre une résolution sur un coup de tête, le contexte des fêtes de fin d'année étant “faussé à la base”, comme le souligne de son côté la coach personnel Hind Gacimi. Ce moment de décision doit plutôt être vu comme un rendez-vous avec soi-même pour faire une rétrospective de l’année passée, de ses compétences et de ce qui peut être amélioré. "Une résolution qui prend forme est une résolution bien pensée", affirme Hind Gacimi.

2. Prendre les bonnes résolutions

Nos trois experts sont unanimes: chaque résolution doit être formulée en un objectif clair. Pour Gacimi, il est important de se demander "pourquoi on veut prendre cette résolution" pour savoir exactement ce que l'on désire changer ou améliorer.

Ikhlasse Ferrane propose de se référer à un outil de coaching qui se nomme "la roue de vie" en choisissant trois ou quatre axes principaux de notre vie et d'y consacrer tous nos efforts et notre motivation.

Quel que soit le domaine choisi, la résolution "ne doit pas être trop difficile pour que mon cerveau l’accepte et la considère comme réalisable, mais ne doit pas non plus être trop facile, mon cerveau risquerait de se moquer de moi", explique Kanoute.

3. Choisir le bon environnement

colleagues

L'environnement social et professionnel de la personne influence non seulement sa prise de résolution, mais aussi son progrès. "L’être humain est comme une éponge, il absorbe le liquide dans lequel on le met", illustre Kanoute. "Si l'on est entouré de personnes qui visent haut, on va être plus ambitieux", souligne-t-il.

Il n'est cependant pas toujours évident de sortir d'un environnement néfaste, mais pour Gacimi, nous pouvons toujours échapper à un environnement que nous "subissons". Elle explique: "Si notre résolution de l'année est d'arrêter de fumer par exemple, on n'est pas obligé de sortir avec ses collègues fumeurs pendant leurs pauses", dit-elle.

On peut donc choisir son entourage comme on choisit ses vêtements, affirme Karim Kanoute. Dans cette sélection, la notion de "mastermind" est aussi à prendre en considération. "C’est un groupe de personnes qui partagent les mêmes ambitions et objectifs; ils peuvent se réunir une fois par semaine ou une fois par mois, pour s’encourager mutuellement, partager leur progrès avec les autres, qui peuvent s’aider en retour en racontant leur expérience et se pousser à aller de l’avant", explique le coach.

L'entourage de la personne peut également l'aider à progresser pour atteindre ses objectifs. Pour Ikhlasse Ferrane, le simple fait de partager ses résolutions avec son entourage permettrait de les réaliser, notamment grâce à leur encouragement, facteur essentiel pour la permanence de la motivation, mais aussi en les invitant à évaluer notre progrès.

4. Passer à l’action

2018 goals

Une feuille, un stylo. C'est tout ce dont on aurait besoin pour commencer, à en croire Karim Kanoute. "Le plus court des crayons est mieux que la plus longue des mémoires", déclare-t-il. Le coach insiste sur l'importance de bien noter chacune de ses résolutions et de garder une trace de son progrès. Le suivi peut également se faire sur un fichier Word, Excel ou encore via des applications mobiles de gestions de projet.

Ikhlasse Ferrane suggère aussi de "faire une liste écrite avec ses bonnes résolutions et de l’afficher au bureau, sur l’écran de son PC, dans sa voiture, collée à son frigo". Ce contact visuel régulier avec ses bonnes résolutions renforce, d'après la coach, ses chances de les atteindre.

Les trois experts recommande de diviser chaque résolution, cet objectif à long terme, en de petits objectifs à court-terme, des activités plus faciles à concrétiser. Kanoute propose la méthode du "Top 3", en déterminant chaque weekend "trois tâches à accomplir pour être fier de sa semaine".

Il faudra se fixer un moment dans la semaine ou dans le mois pour faire le point sur notre avancement et voir ce qu'il reste à améliorer, "comme une sorte de mise à jour", explique Kanoute.

Si cette auto-évaluation s'avère positive, la personne peut s’accorder une récompense ou un cadeau qui développera davantage sa motivation, propose Ferrane.

Ainsi, de nouvelles habitudes, qui aideront à réaliser son objectif final, s'installeront progressivement chez la personne. "Nous ne sommes pas nés avec nos habitudes actuelles, nous les avons apprises et nous pouvons en apprendre des nouvelles", rappelle Karim Kanoute.

5. Rester consistant

En respectant toutes les étapes précédentes, une personne peut néanmoins s'éloigner de sa résolution. Il est donc important de garder du plaisir dans la réalisation de son objectif. Un démarrage trop rapide peut entraîner la personne à abandonner plus facilement. "Tout ce qui est en relation avec un changement suppose un minimum de 8 semaines par objectif", affirme Ferrane.

Les rechutes font également partie de ce processus de changement. Kanoute explique: "Lorsque l'on essaie de changer nos habitudes du jour au lendemain, on change les variables de notre cerveau qui a peur et sent que son équilibre est menacé. Il entre alors dans un mécanisme de protection qui peut se transformer en auto-sabotage. Notre subconscient ne fait pas de différence entre un changement positif et un changement négatif, pour lui c’est un changement tout court et il essaie de se protéger contre ce changement soudain".

L'expert avertit aussi de la loi du "tout ou rien". Le mot d'ordre: l'indulgence. Pour le coach, un objectif peut être atteint à plusieurs niveaux. "Si une personne a perdu 5 kilos alors qu'elle voulait en perdre 10, elle a quand même atteint son objectif à 50%", dit-il.

"Il est facile d’accomplir ses objectifs lorsque la personne est joyeuse et en forme mais ce n'est pas toujours le cas tout au long de l'année", explique Kanoute. L’état d’esprit de la personne reste donc le facteur clé qui peut provoquer ou non un changement. "Les techniques, on peut en trouver partout sur internet", souligne Kanoute. "Mais c'est l'état de la personne qui va appliquer ces techniques qui fait la différence".

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