MAROC
04/01/2018 13h:07 CET | Actualisé 04/01/2018 13h:22 CET

"Faces Project", les portraits sans artifices de Badr Bouzoubaâ à l'Institut Français de Casablanca

Badr Bouzoubaâ

CULTURE - A l'heure où le selfie est devenu une pratique ultra populaire, une course aux "likes" et à l'approbation des autres sur les réseaux sociaux à coup de filtres, effets et autres procédés, le photographe Badr Bouzoubaâ présente "Faces Project", des portraits bruts, libérés des codes imposés par la société et bientôt exposées à l'Institut français de Casablanca, du 17 janvier au 28 février.

"L'avènement des réseaux sociaux pousse les gens à s'afficher, de manière obsessionnelle parfois, sur Snapchat, Instagram, Facebook, etc.. sous leur meilleur angle et profil", relate le photographe au HuffPost Maroc. À travers son projet, il s'interroge sur le selfie, cette "industrie de soi" où l'on poste des photos qui améliorent ou déforment l'apparence, mettent en valeur notre physique mais tendent à faire oublier la véritable nature humaine.

Derrière "Faces project", il y a toute une démarche sociologique, une étude des comportements humains mais en aucun cas un discours moralisateur. "Je ne condamne pas les gens qui prennent des selfies, il n'y a pas de jugement derrière mon approche, simplement un constat", assure-il.

L'idée lui est venue soudainement en studio, alors qu'il était en séance d'expérimentation avec ses amis. "J'ai vu que lorsque les gens posent de manière neutre, sans vouloir rentrer dans la sur-représentation et se mettre en scène pour être beau et plaisant, quelque chose de vrai se dégage, de très beau aussi. Après réflexion, j'ai décidé d'en faire une série de photo", explique-t-il.

Un réalisme saisissant

Pour contrer ces sur-représentations de l'individu, Badr Bouzoubaâ met les visages à nu et livre une série de portraits sombres qui illustrent l'être humain tel qu'il est au naturel.

Il n'y a d'ailleurs pas eu de sélection, "Faces project" est ouvert à tous. Le photographe a ainsi réalisé depuis le début de ce projet, initié en février 2017, plus de 200 portraits d'amis, de personnalités à l'instar du réalisateur Yassine Fenane et de l'acteur Malek Akhmiss, mais aussi d'anonymes, hommes, femmes et enfants, séduits par l'expérience.

Un décor minimaliste, du noir en toile de fond mais surtout un travail sur la lumière pour mettre en avant les petits charmes et défauts de chacun, car comme le dit l'adage, personne n'est parfait. Le résultat: des clichés bruts et monochromes, des visages neutres et impassibles, des regards braqués sur l'objectif.

faces project

faces project

Irrégularités, asymétries, le réalisme est saisissant et on se sent presque rassurés face à ces portraits sans trucages, ni artifices. "Le noir et blanc est un choix artistique, ça durcit les traits, c'est neutre et la beauté est dans le neutre", défend le photographe.

faces project

L'exposition vaut le coup d'oeil et débutera par un vernissage mercredi 17 janvier à 19h00 à la Galerie 121 de l'Institut français de Casablanca. Sur place, un studio photo sera disponible pour inviter le public à se faire tirer le portrait afin d’alimenter l’exposition au fur et à mesure.

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