TUNISIE
04/01/2018 08h:44 CET

Pour le Courant démocrate, la Télévision nationale fait de la propagande au profit du pouvoir exécutif

President Beji Caid Essebsi (R) meets with Prime Minister-designate Youssef Chahed in Tunis,Tunisia  August 3, 2016. REUTERS/Zoubeir Souissi
Zoubeir Souissi / Reuters
President Beji Caid Essebsi (R) meets with Prime Minister-designate Youssef Chahed in Tunis,Tunisia August 3, 2016. REUTERS/Zoubeir Souissi

Le Courant démocrate a jugé dans un communiqué publié mercredi que la Télévision nationale tunisienne manquait de partialité.

Avec un ton relativement sévère, le parti a dénoncé l’exploitation des établissements publics dont notamment les médias au profit du pouvoir exécutif. Il a estimé que la diffusion par la télévision nationale d’une vidéo “propagandiste” produite par la présidence de la République suivie par le “discours promotionnel” du Chef du gouvernement à l’occasion du nouvel an est un pas de plus vers la soumission au pouvoir exécutif.

Le courant démocrate condamne, ainsi, ces pratiques “arriérées” et les considère comme un dangereux retour en arrière. Il appelle, à cet effet, la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) à intervenir pour mettre un terme à l’exploitation des établissements publics pour “blanchir l’image du président de la République et de son chef du gouvernement”.

Par ailleurs, il invite les travailleurs de la télévision nationale et principalement les journalistes à dévoiler l’ingérence du pouvoir dans le contenu des informations et à révéler les cas de censure et de contrôle, et ce dans le but de poursuivre la bataille contre l’instrumentalisation des médias et garantir une information libre et indépendante.

Le courant démocrate a conclu son communiqué en indiquant que les prochaines élections ne sauraient être équitables et transparentes dans une atmosphère marquée par des médias à genoux et pliés au pouvoir exécutif.

En octobre dernier, le Syndicat National des Journalistes Tunisiens a haussé le ton face au gouvernement et a menacé de passer à tous les modes de protestation, y compris la grève.

Il a pointé du doigt la politique de la mainmise sur le service public et “les tentatives d’asservissement” ciblant l’établissement public. Il a appelé le gouvernement à assumer pleinement sa responsabilité et à accélérer la révision des lois régissant le secteur.

Les critiques se sont, également, succédées après la diffusion de la couverture médiatique de la télévision nationale de la visite du président de la République à Sousse.

Certains ont vu dans le reportage du journal de 20H le retour de la propagande du régime. “Le reportage, qui a duré 4 minutes, s’est focalisé sur les aspects de la liesse populaire, la participation massive des citoyens et la mobilisation des moyens dont disposent les institutions publiques de la région pour promouvoir l’image du président”, a regretté la HAICA.

La HAICA a appelé également les responsables de l'institution à revoir leurs méthodes de travail de manière à renforcer le rôle des journalistes dans la production des contenus, loin de toute influence et de toute pression, et à adopter des mécanismes d’auto-régulation à même de les aider à observer les règles et l’éthique de la profession.

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