TUNISIE
03/01/2018 14h:08 CET | Actualisé 04/01/2018 09h:45 CET

La députée d'Ennahdha Yamina Zoghlami provoque un débat en réclamant l'éducation sexuelle à l'école

Woman hand writing 'Sex Education' on green blackboard
Oko_SwanOmurphy via Getty Images
Woman hand writing 'Sex Education' on green blackboard

Lors du vote de la convention Lanzarote pour la protection des enfants contre les abus et l'exploitation sexuelle à l'Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), mardi, la députée d'Ennahdha Yamina Zoghlami a interpellé la ministre de la Femme, de la Famille et de l'Enfance pour réclamer la nécessité d'introduire des cours d'éducation sexuelle dans les écoles.

"Malheureusement, il y a des jeunes tunisiens qui considèrent que le corps, le fait de le toucher est haram (un péché) (...) Le ministère de l'Éducation est très en retard sur ce plan, il faut inculquer aux jeunes une éducation sexuelle scientifique (...) c'est un moyen pour qu'ils puissent se protéger et protéger les autres (...)", a-t-elle affirmé.

Une déclaration qui a interpellé certains observateurs au regard du caractère libéral d'une telle proposition émanant d'un parti qui revendique ses assises religieuses. (ci-dessous)

La députée Bochra Bel Haj Hmida du Bloc National a réagi à cette déclaration en rappelant que cette proposition n'est pas nouvelle et elle a été discutée lors des discussions sur la loi relative à la lutte contre les violences faites aux femmes.

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En effet, la nécessité d'introduire des cours d'éducation sexuelle a été maintes fois émise par la société civile et par les spécialistes à l'instar de la conférence nationale organisée à Tunis en juillet 2017 sur l’éducation sexuelle complète en Tunisie, à l’initiative de l’institut Arabe des Droits de l’Homme (IADH) et l’Association Tunisienne de la Santé de la Reproduction (ATSR) en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA). Les intervenants y ont souligné la nécessité d’intégrer l’éducation sexuelle complète dans les programmes éducatifs afin de prévenir les jeunes et les adolescents des comportements à risque et des maladies sexuellement transmissibles.

Outre l'aspect préventif, l'éducation sexuelle contribue à une connaissance plus approfondie de la sexualité, dénuée de tabous. Ceci participe à l'épanouissent sexuel des couples, insistent les sexologues. À noter que la sexualité est l'un des premiers causes du divorce en Tunisie.

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