TUNISIE
02/01/2018 12h:56 CET

Tunisie: 4 mille enseignants universitaires ont quitté le pays, selon l'Union des professeurs universitaires chercheurs tunisiens

Visivasnc via Getty Images
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“Les professeurs universitaires ne passeront pas ce mardi les examens et poursuivront leurs cours normalement”, a souligné Najmeddine Jouida, coordinateur général national de l’Union des professeurs universitaires chercheurs tunisiens (IJABA).

Cette grève intervient pour protester contre le non respect par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique de la grille salariale de la fonction publique, a précisé Najmeddine Jouida à l’agence TAP.

Il a expliqué que le ministère accorde les mêmes salaires à tous les enseignants universitaires quels que soient leurs niveaux d’étude estimant qu’il s’agit d’une injustice puisqu’il convient d’appliquer la grille salariale de la fonction publique pour donner à chacun son droit.

D’après la même source, les professeurs universitaires sont accablés par les multiples prélèvements sur leurs salaires ce qui a poussé un grand nombre d’entre eux à avoir recours à la migration.

“De cette manière les universités tunisiennes ont été vidées de leurs compétences et le niveau de l’enseignement universitaire public ne cesse de se dégrader”, a-t-il estimé faisant observer que la dernière étude réalisée par l’Union des professeurs universitaires chercheurs tunisiens a montré que 4 mille enseignants universitaires ont émigré à l’étranger et 80% comptent aussi quitter le pays et ce, selon les statistiques de l’institut tunisien des études stratégiques.

Le secrétariat d’Etat chargé de la migration et des Tunisiens à l’étranger classe aussi les universitaires et les chercheurs au premier rang des compétences tunisiennes qui partent à l’étranger et ce, avec un taux de 24% sur un total de 80% des compétences tunisiennes émigrantes.

“IJABA poursuivra son mouvement de protestation jusqu’à la satisfaction de ses revendications légitimes”, a souligné Najmeddine Jouida.

Selon le rapport arabe sur le savoir (2009) basé sur l'indicateur de migration des cerveaux de la Banque Mondiale, la Tunisie se classe au premier rang des pays "expulseurs de compétences", juste après la Syrie qui arrive en tête.

Conscient de l'ampleur du phénomène, le Chef du gouvernement Youssef Chahed a annoncé la mise en place d'une stratégie globale pour attirer les compétences tunisiennes à l'étranger et les associer à l'œuvre de développement et de modernisation du pays.

Il a dans ce sens mis l'accent sur la responsabilité des établissements éducatifs et universitaires, les centres de recherche et de formation, l'administration et les entreprises économiques dans l'instauration d'un environnement propice au développement des compétences individuelles et collectives "de manière à les encourager à créer et à innover dans tous les domaines scientifiques et techniques".

Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), 94.000 Tunisiens ont quitté la Tunisie en six ans vers l'Europe.

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