ALGÉRIE
28/12/2017 09h:49 CET

Rapport 2017 de "Research 2 Guidance": Le marché des applications mobiles de santé se diversifie et se consolide

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Après de dix ans depuis l’apparition de la première application mobile de santé, "Research 2 Guidance", la société spécialisée dans la consultance et l’analyse de l’écosystème mobile, basée en Allemagne, en fait le bilan. Dans un récent rapport, la société estime que le marché des applications mHealth se diversifie et se consolide.

Le rapport "mHealth App Economics 2017: État actuel et tendances futures de la santé mobile", publié fin novembre 2017, analyse la situation du marché de la santé numérique et "comment les intrus numériques envahissent le marché de la santé". Le document rappelle que "bien qu'il existait auparavant différentes solutions de santé numérique, c'est en 2008 qu'Apple a permis l’existence de ce qui est maintenant un marché de masse pour les applications de santé mobile en lançant son App Store".

"Si dans l'industrie des soins de santé traditionnelle, 10 ans ne sont que la durée d'un cycle de développement d'un produit, dans le monde numérique, 10 ans sont proches de la préhistoire. Les deux environnements sont très différents, et pourtant, l'industrie du numérique au rythme rapide et l'industrie des soins de santé au rythme lent se sont mis en collision pour produire la santé numérique en apportant un changement perturbateur sur le marché", indique l’étude.

Le marché de la santé mobile "n'a cessé de croître au cours des dernières années". En 2017, l’étude a recensé "325.000 applications mobiles de santé (santé, fitness et applications médicales), dont 78.000 ajoutées depuis l’année dernière, sont disponibles dans tous les magasins d'applications".

La croissance des applications mHealth "est principalement alimentée par une augmentation des applications Android". " Android a connu un taux de croissance de 50% de 2016 à 2017. En comparaison, les applications de santé iOS ont augmenté de 20% au cours de la dernière année. Android a maintenant dépassé iOS en tant que plate-forme numéro un pour les applications de santé, et dispose du plus grand nombre d'applications de santé mobiles par rapport à n’importe quel autre magasin d'applications (App Store, Windows Phone Store, Amazon App Store, et BlackBerry World, ndlr)", précise le document.

En 2017, le Play Store de Google affichait environ 160.000 applications mHealth, contre environ 155.000 pour l’App Store d’Apple, et moins de 10.000 unités pour chacun des autres magasins d’applications.

3,7 milliards de téléchargements en 2017

Selon une estimation de "Research 2 Guidance", les 325.000 applications de santé devraient donner lieu à environ 3,7 milliards de téléchargements attendus en 2017. "Par rapport à l'année dernière, il s'agit d'une augmentation de 16%", indique l’étude pour mettre e, évidence l’intérêt grandissant des usagers mobiles pour les applications de santé. Précisant que la croissance des téléchargements d’applications m-Health "est principalement due aux téléchargements d'Android et d'iOS. Android contribue à la plus grande part des téléchargements de l'application mHealth en 2017 (estimation). Mis à part ces deux plateformes mobiles, ne jouent qu'un rôle marginal". Cependant, pour la majorité des usagers, l’utilisation "est concentrée sur une vingtaine d’applications".

Du côté de l'offre, le nombre d'éditeurs d'applications continue de croître, et l’offre d’applications dépasse même la demande. "Cette année, plus de 84.000 éditeurs d'applications développent des applications pour le marché médical, de la santé et du fitness". Le nombre d’éditeurs d’applications mHealth "a augmenté de 45%". Cette croissance s’explique par l’augmentation des start-ups "alimentée par des investissements d'accélérateurs, d'incubateurs et de sociétés de capital-risque". "En 2016, environ 5,4 milliards de dollars ont été investis dans le monde entier dans des start-ups de la santé numérique ", dont 4,2 milliards de dollars par des sociétés de capital-risque américaines.

Une régulation contraignante

L’importance de ces investissements dans les start-ups de santé numérique cache mal les "limitations majeures sur ce marché. Une de ces limitations, explique l’étude de la société "Research 2 Guidance", "est une réglementation stricte et souvent complexe". "La réglementation est souvent citée comme l'une des principales raisons du lent développement des solutions de santé numériques. L'enquête mHealth Economics de l'année dernière a montré que 18% des acteurs de la santé numérique se sont abstenus de développer des applications en raison de conditions réglementaires incertaines", affirme l’étude.

"Le secteur de la santé a été soumis à une réglementation intense" et toute solution "doit être approuvée par un organisme de réglementation agréé, comme la FDA aux Etats-Unis", ajoute la société qui voit des "signes de grands changements futurs dans la réglementation de la santé numérique". "En juillet 2017, l'organisme de réglementation le plus en vue - la FDA - a annoncé une toute nouvelle approche pour l'approbation des solutions de santé numériques (appelée Digital Health Innovation Plan)", explique-t-on. Comment ? "Au lieu d'approuver des produits numériques individuels, des entreprises entières pourraient être agrées, et les produits numériques édités par ces entreprises présélectionnées n'auraient pas à passer par un processus réglementaire pour chacune de leurs versions de produits". Ce "changement de paradigme" de la FDA américaine "pourrait servir de modèle pour d'autres pays", estime la société "Research 2 Guidance".