MAROC
28/12/2017 11h:12 CET | Actualisé 28/12/2017 11h:20 CET

La Coalition des droits de l'Homme observe un sit-in contre "la censure" des marches populaires

Youssef Boudlal / Reuters
Protestations à Jerada après le décès de deux mineurs le 22 décembre. REUTERS/Youssef Boudlal

PROTESTATION - "Nous dénonçons la censure à laquelle font face les protestations des citoyens et citoyennes à travers les régions et nous appelons à la libération des détenus des hiraks populaires". Les 21 associations constituant la Coalition marocaine des droits de l'Homme expriment leur solidarité avec les différentes marches populaires qui ont eu lieu cette année à Jerada, Al Hoceima et Zagora. Pour symboliser leur soutien, elles observeront un sit-in demain, vendredi 29 décembre, à 17h devant le parlement.

Dans un communiqué, la coalition explique que sa démarche de protestation traduit, en fait, une inquiétude grandissante au sein des associations des droits de l’Homme. "Nous sommes de plus en plus indignées par les agressions répétitives que subissent les populations dans certaines régions alors qu’elles exercent leur droit de rassemblement et de manifestation pacifique", fustige la coalition. Et de qualifier les protestations populaires de légitimes: "Elles revendiquent des responsables que l’État remplisse ses engagements nationaux et internationaux en matière de droits économiques, sociaux, culturels, environnementaux, mais aussi civiles et politiques".

Face à leurs "revendications légitimes", la coalition estime que les forces publiques "réprimandent d’une manière exagérée" les manifestants. "Et cela porte atteinte à la sécurité physique et à la stabilité individuelle des citoyens et citoyennes et mène à des interpellations et des poursuites judiciaires".

La coalition cite en exemple les manifestations qui ont eu lieu il y a deux semaines à Imzouren, où "une quarantaine de personnes, dont des mineurs, ont été arrêtées". Elle qualifie la condamnation de certains d’entre eux comme "dénuée de tout principe légal" et souligne que des manifestants "ont été jetés en prison pour être sortis s’exprimer dans la rue".

La situation à Jerada et à Zagora n’est pas différente, aux yeux de la coalition. Cette dernière dénonce l’arrestation de trois des manifestants ayant participé aux manifestations des habitants de Hay Al Massira à Jerada, où réside la famille des deux mineurs décédés le 22 décembre. Elle attire également l’attention sur l’arrestation et la condamnation de plusieurs jeunes de Zagora pour avoir participé à une marche pour le droit à l’eau. "Il n’est pas possible, en aucun cas, de traiter ces revendications par des arrestations et par des condamnations, car la solution réside dans la prise en compte par l’État de sa responsabilité d’assurer l’accès à l’eau potable à toute la population", insiste la coalition.

Pour cette dernière, il est plus que temps pour l’État "d’ouvrir un dialogue avec les représentants des populations dans toutes les régions pour trouver des remèdes aux problèmes dont elles souffrent et abandonner l’approche sécuritaire qui amplifie la situation de crise".

Son sit-in, la coalition en fait une démarche parmi d’autres. Elle appelle tous les militants des droits de l’Homme, syndicats, politiques et associations à "agir de toute urgence" pour "la liberté, la dignité, la justice sociale et l’équité entre les femmes et les hommes".

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